Le chef du MTR Corporation, géant du marché ferroviaire, Frederick Ma, a proposé la création d’une «ville de Hong Kong» en Chine continentale, comme solution à la pénurie de terres et à la crise du secteur de l’immobilier à Hong Kong.

En effet, les prix des logements sont parmi les plus chers du monde, et de nombreux résidents vivent dans des logements de plus en plus étroits à des coûts exorbitants, sans compter les petites entreprises luttent à cause des loyers trop élevés. L’écart de richesse entre résident ne cesse de s’accroitre, suscitant de plus en plus de mécontents.

Une proposition double : nouvelle ville et nouveau réseau ferré

Gérant du réseau ferroviaire d’Hong Kong, et promoteur immobilier, Frederick Ma aurait entamé des pourparlers avec son homologue de Chine continentale, la China Railway Corp, pour identifier des terrains dans les régions du sud de la Chine pouvant accueillir ces nouveaux logements.

Les zones en question seraient situées à Nansha et à Foshan, dans la province voisine du Guangdong, et où les logements sont beaucoup plus abordables.  «La société MTR peut aider à résoudre la pénurie de logements à Hong Kong en facilitant le trajet vers les terminaux à conteneurs de Kwai Tsing et en construisant une ‘ville de Hong Kong’ sur le continent», a assuré ce dernier.

En effet, Frederick Ma Si-hang a expliqué au quotidien hongkongais, South China Morning Post (SCMP), qu’une extension ferroviaire pourrait être envisagée pour relier les terminaux à conteneurs, afin d’améliorer son accessibilité, si le gouvernement accepte de construire des maisons au-dessus de ces terminaux.

D’après le SCMP, la MTR Corp acquérait des terrains près d’une gare ferroviaire à grande vitesse de Guangzhou et construirait l’ensemble du complexe avec «l’ambiance de Hong Kong», ce qui comprend des établissements de soins résidentiels, commerciaux…

D’après Frederick Ma, «il faudra seulement trois à cinq ans pour achever la construction et les appartements seront beaucoup plus abordables, ils pourraient être vendus à seulement un quart ou un cinquième de ceux vendus à Hong Kong».

Mais de son côté, Paul Zimmerman, expert en urbanisme, a expliqué au Quotidien du Peuple, qu’«une enclave de Hong Kong sur le continent soulèverait une foule de questions sur la façon dont les différentes règles s’appliqueraient, allant du système médical aux prestations sociales».

Résoudre au plus vite la crise du logement

Cependant, cette proposition sera l’étude avec 17 autres lors d’une consultation publique sur le logement à Hong Kong que va lancer le gouvernement après la mise en place d’un groupe de travail sur le sujet, par la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam.

Cette consultation basée sur l’offre foncière, surnommée «un grand débat» par Carrie Lam, vise à trouver un consensus sur les moyens d’obtenir plus de terres parmi les différentes parties prenantes.

La ville cherche à prévenir une crise du logement public causée par une pénurie de terres. D’autant plus que certaines estimations montrent que dans cinq ans moins de 10 000 logements seront construits chaque année, malgré un objectif annuel de 20 000 habitations.

La proposition de Frédérick Ma a reçu le soutien de l’ancien président de l’Institut des ingénieurs de Hong Kong, Joseph Chow Ming-kuen, provoquant de vives critiques. D’après le député démocrate Andrew Wan Siu-kin, Frederick Ma utiliserait «son pouvoir public en tant que président du MTR pour promettre des ressources publiques au profit de certains groupes d’intérêts».

Andrew Wan a assuré que l’empressement de Frederick Ma à promouvoir la construction de logement sur les terminaux du réseau ferré, laisserait entendre qu’il utilise son poste de chef de la MTR Corp, organisation partiellement publique jouissant d’avantages politiques, pour faire grimper les profits des conglomérats privés auxquels auquel il est lié.

Suite à ces accusations, Frederick Ma a assuré que l construction d’une extension nécessiterait l’approbation du gouvernement. «Ce n’est pas à la MTR de prendre la décision et la société n’a même pas réalisé d’étude de faisabilité», s’est-il défendu.

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