Ma Ying-jeou (Kuomintang) et l’actuel Premier ministre, Wu Den-yih ont été réélu, le 14 janvier, pour un mandat de quatre ans à la tête de la République de Chine. Recueillant 51,6 % des voix, le candidat réélu a battu Tsai Ing-wen et Su Jia-chyuan (Parti Démocrate Progressites, PDP), qui réalisent un score de 45,6%.

Ma Ying-jeou, président réélu à la tête de la République de Chine (Taïwan)

Ma Ying-jeou, président réélu à la tête de la République de Chine (Taïwan)

Les candidats James Soong, président du Parti pour le peuple (People First Party) et Lin Ruey-shiung (PFP) ont obtenu de leur côté seulement 2,8% des suffrages. La victoire n’est pas glorieuse, car la participation lors de ce scrutin a été la plus faible depuis que l’élection du président de la République s’effectue au suffrage universel direct. Seul 74,4% des 18.086.455 électeurs inscrits ont été votés.

Le pro-Pékin Ma Ying-jeou réélu

Lors de sa précédente candidature, Ma Ying-jeou avait promit une croissance de 6%, un chômage de 3% et un PNB par habitant de 30.000 dollars. Le bilan est mitigé et vivement critiqué car aucunes de ces trois promesses « phares » n’ont été réalisé.

Seul bémol, reconnu par ces détracteurs, Ma Ying-jeou est le seul à avoir apaisé les relations avec le continent. Juriste de 61 ans, formé aux États-Unis, Ma Ying-jeou est reconnu pour sa prudence.

Circonspect face à Beijing, il a assuré à de nombreuses reprises la nécessité pour Taïwan de maintenir sa souveraineté, tout en s’alliant à la Chine, à travers des échanges économiques et commerciaux.

Ainsi d’après les médias officiels du continent, « les exportations de Taïwan vers le continent ont augmenté de 42%, passant ainsi de 105,4 milliards de Dollars US en 2008 à 114,7 milliards de Dollars US en 2010 ». 

Intensifier les liens avec le continent

Pour sa réélection, le président a affirmé qu’au cours « des quatre prochaines années, les liens avec la Chine seront plus harmonieux et il y aura plus de confiance mutuelle et les risques de conflit seront moindres » que si Tsai l’avait emporté, a-t-il affirmé, seulement si Tsai Ing-wen l’avait emporté, selon l’AFP.

Les nationalistes du Kuomintang, parti de Ma Ying-jeou, ont perdu aux élections législatives organisées au même moment, conservant une majorité de 64 sièges sur 113 à l’assemblée, contre 81 dans la chambre sortante, selon les résultats officiels.
Le président d’honneur du Kuomintang, Lien Chan, a affirmé qu’ils allaient « continuer à laisser l’économie prospérer, à préserver la paix et les relations amicales entre les deux rives du détroit afin d’obtenir davantage de résultats concrets en matière de coopération dans des domaines importants ».

Pékin et Washington ravis de cette réélection

La victoire de Ma Ying-jeou a été saluée par la Maison Blanche. Dans un communiqué de presse, la présidence américaine a assuré que « la paix, la stabilité et l’amélioration des relations entre les deux rives du détroit (de Formose), dans un environnement débarrassé de toute intimidation, revêtent une grande importance pour les États-Unis ».

Même position à Beijing, Chu Shulong, expert en relations internationales à l’université Tsinghua de Pékin, a expliqué que « le résultat des élections est le meilleur scénario pour les relations entre les deux rives du détroit ».

En effet, « la victoire de Ma va permettre que la stabilité et le développement des liens entre les deux parties se poursuivent, dans le sillage des quatre années passées ».

Vers une réconciliation Chine-Taïwan

Au cours de ce second mandat (2012-2016), Ma Ying-jeou va devoir continuer « à jouer avec finesse pour faire avancer l’idée d’une réconciliation avec Pékin, sans pour autant faire le jeu de l’opposition du DPP dans la prochaine présidentielle », a souligné Le Point.

Le sachant, le président réélu a affirmé : « je ferai de mon mieux pour être un modèle pour notre pays et pour l’histoire », lors d’un point presse le soir des résultats.

Selon Caroline Puel, journaliste, spécialiste de la Chine, pour Le Point le président Hu Jintao, qui va quitter la présidence de la république, en mars 2013, souhaiterait « laisser une trace dans l’histoire de la Chine communiste, si possible en obtenant la signature d’un traité de paix qui n’a jamais été signé après la pénible guerre civile ».