dimanche, juin 16

Visite d’État de Xi Jinping : réactions en France

Jean-Yves Le Drian,ancien ministre des Affaires étrangères et de la Défense, était invité sur France Inter, le 6 mai, a déclaré que le président chinois Xi Jinping, en visite d’État actuellement en France, « n’est pas [notre] ami, mais pas [notre] ennemi non plus ».

Ce dernier a réagit aux propos de l’eurodéputé socialiste Raphaël Glucksmann qui dénonçait l’aspect « cordial » de l’accueil réservé au dirigeant chinois.

L’ancien ministre des Affaires étrangères appelle le gouvernement à « parler avec la Chine sans naïveté », avec « fermeté ». « Nous avons des désaccords, disons-le », lance Jean-Yves Le Drian. Il est d’ailleurs convaincu que le président de la République française « n’est pas naïf ». « La Chine veut se donner un rôle géopolitique » mais « on sait bien que ce régime est de plus en plus autoritaire et que le poids du Parti communiste chinois est de plus en plus fort ».

Selon lui, « par rapport à la dernière visite de Xi Jinping » en France en 2019, « la donne a beaucoup changé » : « la Chine a été fragilisée par le Covid » et a « moins d’investissements » étrangers et le « renforcement de la puissance militaire chinoise est impressionnant ».

Être déterminé face à la Chine

Jean-Yves Le Drian assure également que « l’Europe est sortie de sa naïveté ». « L’Europe n’accepte plus des initiatives prises par les Chinois d’infiltrer les entreprises européennes à des fins d’utilisation économique ou sécuritaire. L’Europe engage des processus de dénonciation de la non-réciprocité », a-t-il assuré.

« Il faut parler avec la Chine, parce que c’est le poids de l’évidence et de la raison, parce que nous ne pouvons pas accepter certaines formes de domination, il faut que nous préservions nos intérêts », a conclut Jean-Yves Le Drian sur france-inter.

De son côté, François Lecointre, ancien chef d’état-major des armées et auteur d’Entre guerres, paru en avril aux éditions Gallimard, a indiqué sur France-Info que « l’Europe et la France pensent avoir une voix à porter dans une relation [entre l’Occident et la Chine] qui doit être équilibrée, qui doit être aussi une relation de négociation et pas seulement une relation de confrontation ».

Ce dernier a expliqué que la France « est dans une relation de force [avec la Chine], dans laquelle il faut être capable de montrer sa détermination. Montrer sa détermination, c’est avoir les moyens de faire valoir sa volonté ». Citant « le pillage des ressources halieutiques [la pêche] de nos zones économiques exclusives », il a assuré que cela « nécessite évidemment que la France, en particulier, soit capable d’avoir une marine nationale avec des moyens de contrôle de ses intérêts et de ses ressources », qui lui permettent aussi de « les défendre ».

Réactions des médias français

Cité par la Revue de presse de France 24, pour Le Figaro, la visite de Xi Jinping aurait surtout pour but de « neutraliser » l’Europe, de « creuser les divisions du bloc occidental ». De leurs côtés, Les Échos rappellent le contexte de la guerre en Ukraine et des rivalités commerciales, ayant « détérioré » les relations entre Paris et Pékin.

L’Humanité a évoqué les tensions et parlé d’un « jeu de dupes » entre Xi Jinping et Emmanuel Macron, qui serait écartelé entre « la puissance états-unienne, la « troisième voie » européenne et les opportunités économiques offertes par Pékin ».

Le Nouvel Obs a accusé le président français de faire preuve du « même aveuglement » à l’égard du président chinois Xi Jinping que vis-à-vis du président russe Vladimir Poutine. « Emmanuel Macron se veut le champion de l’ »autonomie stratégique » de l’Europe, mais sa politique envers la Chine, qui évite les sujets sensibles, brouille son message et dessert son ambition », a dénoncé l’hebdomadaire.

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