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Washington supprime le poste d’expert du CDC en Chine

Plusieurs mois avant le début de l’épidémie de coronavirus, l’administration Trump a supprimé un poste clé de santé publique américain dans la capitale chinoise, qui est destiné à aider à détecter les épidémies en Chine, a appris l’agence de presse Reuters.

Cet expert américain en maladies – et aussi épidémiologiste – travaille en étroite collaboration avec l’agence chinoise de lutte contre les maladies. Le scientifique a quitté son poste en juillet 2019, selon quatre sources proche du dossier.

Or les premiers cas du nouveau coronavirus ont peut-être émergé dès novembre 2019, et lorsque les cas ont explosé en décembre 2019, l’administration Trump a condamné en février 2020 la Chine pour avoir censuré des informations sur l’épidémie et empêché les experts américains d’entrer dans le pays pour aider.

« C’était déchirant à regarder », a déclaré Bao-Ping Zhu, un américain d’origine chinoise qui occupait ce poste, financé par les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, entre 2007 et 2011. « Si quelqu’un avait été là, la santé publique les fonctionnaires et les gouvernements du monde entier auraient pu aller beaucoup plus vite ».

D’après Bao-Ping Zhu et d’autres sources, l’expert américaine, la Dr. Linda Quick était une formatrice d’épidémiologistes chinois. Ces derniers ont d’ailleurs été déployés à Whuan (Hubei), épicentre de l’épidémie de coronavirus, afin d’aider à suivre, enquêter et contenir la maladie.

Selon ces sources, en tant qu’employé américain du Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Linda Quick était dans une position idéale pour être les yeux et les oreilles sur le terrain pour les États-Unis et d’autres pays. Elle pouvait les informer en temps réel sur l’épidémie de coronavirus, et aurait pu les alerter de la menace croissante des semaines plus tôt.

Aucun autre expert étranger en maladie n’a été intégré pour diriger le programme après le départ de Linda Quick en juillet, selon les sources. Bao-Ping Zhu a indiqué qu’un expert intégré aurait pu être informé des épidémies tôt, notamment après avoir établi des relations étroites avec ses homologues chinois.

Linda Quick est partie au milieu de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, avec la Chine. Cette dernière savait que son poste serait supprimé en septembre 2019. Or, elle parti deux mois plutôt.

Ce poste était financé par le gouvernement fédéral, officiellement connu comme conseiller résident du programme américain de formation en épidémiologie de terrain en Chine. De son côté, le Centres pour le contrôle et la prévention des maladies dit avoir appris pour la première fois qu’un « groupe de 27 cas de pneumonie » d’origine inexpliquée était apparu au Wuhan, le 31 décembre.

Depuis lors, l’épidémie s’est propagée rapidement dans le monde, submergeant les systèmes de santé de certains pays, dont l’Italie, et menaçant de le faire aux États-Unis et ailleurs.

Lors d’un point de presse le 22 mars peu après l’annonce du départ du Dr. Linda Quick, le président Donald Trump a rejeté l’article de l’agence de presse Reuters estimant que c’était « 100% erroné ».

Le directeur du CDC américain, le Dr Robert Redfield, a maintenu que la présence de l’agence en Chine s’«est en fait augmentée au moment où nous parlons», sans plus de détails.

Dans une déclaration à Reuters avant la publication du rapport, le CDC a déclaré que l’élimination du poste de conseiller n’entravait pas la capacité de Washington à obtenir des informations et « n’avait absolument rien à voir avec le fait que le CDC n’ait pas eu connaissance de cas en Chine plus tôt ».

Le Centres pour le contrôle et la prévention des maladies a déclaré que sa décision de ne pas avoir de conseiller résident « avait commencé bien avant l’été dernier et était due à l’excellente capacité technique de la Chine et à la maturité du programme ».

La direction du CDC a assuré qu’il y avait deux de ses employés chinois comme «mentors» pour aider au programme de formation. D’ailleurs, un expert médical a déclaré à Reuters qu’il ne croit pas que le conseiller résident américain aurait pu obtenir des informations plus tôt ou meilleures à transmettre à l’administration Trump.

« En fin de compte, compte tenu des circonstances en Chine, cela n’aurait probablement pas fait une grande différence », a assuré Scott McNabb, ancien épidémiologiste du CDC, désormais professeur de recherche à l’Université Emory. « Le problème était de savoir comment les chinois l’ont géré. Ce qui aurait dû changer, c’est que les chinois auraient dû le reconnaître plus tôt et ne l’ont pas fait ».

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