Le président chinois Xi Jinping a appelé à «une amélioration de la réglementation» encadrant les plateformes de paiement et de services financiers.

Xi Jinping a également appelé à encadrer la finance en ligne mais insisté sur le «soutien» de Pékin à l’économie numérique, après un tour de vis qui a ébranlé le secteur.

Les géants du numérique et des technologies sont depuis un an et demi sous pression des autorités, qui ont multiplié les mesures et les amendes, notamment pour des questions de concurrence et de données personnelles.

Ant Group, la filiale paiement et services financiers du champion national du commerce en ligne Alibaba, avait été fin 2020 le premier à subir la vindicte des autorités, avec une gigantesque entrée en Bourse avortée. Le tour de vis visant la tech a depuis fait perdre au secteur des milliards de dollars de capitalisation boursière.

Xi Jinping a appelé à «une amélioration de la réglementation» encadrant les plateformes de paiement et de services financiers, a rapporté l’agence de presse Chine nouvelle. Des mesures doivent être prises pour «désamorcer» les risques pour le système financier, a-t-il souligné lors d’une réunion avec les plus hauts dirigeants chinois.

La majorité des paiements quotidiens en Chine se font désormais via les applications mobiles de géants du numérique, une méthode qui a supplanté les cartes bancaires et l’argent liquide des banques traditionnelles. De plus, cette méthode échappe en partie aux contrôles des régulateurs. Les entreprises du numérique doivent toutefois être «soutenues», a insisté le président chinois Xi Jinping.

Dernièrement, les marchés sont encouragés par plusieurs signaux de Pékin, perçus comme positifs pour les géants du numérique. En avril 2022, le gouvernement avait déjà affirmé son soutien à l’économie numérique et reçu plusieurs patrons dans la foulée.

Les autorités ont par ailleurs accordé début juin de nouvelles licences de jeux vidéo après un gel de plusieurs mois, un soulagement pour un secteur lourdement pénalisé par des restrictions sur le temps de jeu des mineurs depuis 2021.

Selon le Wall Street Journal, les autorités s’apprêtent également à mettre un terme aux poursuites visant Didi, poids lourd du VTC en Chine. Le Uber chinois est visé depuis l’an dernier par une enquête administrative en lien avec sa collecte de données personnelles, ce qui avait contraint Didi à annoncer en décembre son retrait précipité de la Bourse de New York.

Menacé par un ralentissement économique, la Chine prend des pincettes avec le secteur automobile. Le Premier ministre Li Keqiang a dit mercredi envisager une prolongation des subventions à l’achat de véhicules propres, qui devaient initialement prendre fin au 31 décembre 2022.

De son côté, l’organe législatif suprême de la Chine a adopté un amendement à la loi anti-monopole, dans le but de favoriser un environnement équitable, transparent et prévisible pour les opérateurs commerciaux.

L’amendement, adopté à l’issue d’un vote lors de la réunion de clôture de la 35e session du Comité permanent de la 13e Assemblée populaire nationale, précise que la Chine formulera et appliquera des règles de concurrence compatibles avec l’économie de marché socialiste, et améliorera un système de marché unifié, ouvert, compétitif et ordonné.

S’appuyant sur les pratiques et expériences précédentes, l’amendement améliore la conception des mécanismes concernés, comme l’encouragement de l’innovation tout en protégeant la concurrence commerciale équitable, la stipulation de la règle de la sphère de sécurité, et le renforcement des dispositions relatives à la protection de la vie privée et des informations personnelles.