La visite de trois jours du Premier ministre, Manuel Valls, aura été plus symbolique qu’économique. Aucun accord n’a été signé, mais la situation s’est apaisée entre les deux pays, qui célèbre cette année, les 50 années de coopération sino-française.

Peu commentée à Beijing, la venue de Manuel Valls est passée assez inaperçue, pour plusieurs raisons. En premier lieu, il ne s’agissait pas du président, François Hollande, venu en Chine en 2013. Ensuite, il n’y avait pas de gros contrats à la clé. Enfin, parce que les visites de Premier ministre se succèdent depuis 50 ans.

Malgré cela, certains médias chinois ont surtout mit l’accent sur les déclarations du Premier ministre français et sa volonté de changer les rapports bilatéraux, pour un rééquilibrage des échanges économiques et la levée des restrictions qui freinent les investissements chinois en France.

Une économie française instable

Depuis plusieurs années, les chinois pestent contre les restrictions françaises et s’inquiètent de l’instabilité économique du pays, depuis le début de la crise de la dette souveraine en Europe en 2010.

Malgré ces inquiétudes, la Chine ont, durant ces quatre dernières années, annoncé son soutien à la France, avec toutefois quelques avertissements sur les conditions d’accueil et les difficultés des sociétés chinoises en France.

Echanges commerciaux de la France vers la chineD’ailleurs, à la veille de la visite d’État de François Hollande en Chine, en 2013, les chinois mettaient en exergue des échanges commerciaux « tièdes » entre Paris et Beijing.

Zhao Jinjun, ancien ambassadeur de Chine en France et président de l’Institut des hautes études diplomatiques, avait expliqué dans une tribune dans Le Quotidien du Peuple que malgré l’augmentation du volume des échanges, il y a « un problème évident de déséquilibre entre les puissances économiques globales des deux pays ».   

Un déséquilibre évoqué par Manuel Valls, qui a expliqué que « le rééquilibrage par le haut des échanges économiques entre la France et la Chine est une priorité. Et cela passe avant tout par un meilleur accès au marché chinois pour nos exportations ».

Ce dernier a tenu à rassurer les dirigeants et investisseurs chinois, en assurant qu’il y a « trop d’obstacles (qui, ndlr) continuent de freiner nos échanges« .

Raison pour lesquelles, lui et son homologue chinois, Li Keqiang, ont décidé de « travailler à la levée de ces entraves », notamment dans le domaine agroalimentaire.

« La clé sera, avant tout, la confiance, c’est-à-dire une égalité de traitement entre toutes les entreprises, y compris françaises. Ce rééquilibrage est désormais rendu possible« , a-t-il assuré.

L’économie verte, un nouveau modèle

A quelques mois de la Conférence des Nations Unies sur le Climat de Paris, le président chinois, Xi Jinping, a apporté son soutien aux « efforts de la France pour organiser la conférence des Nations unies sur le changement climatique cette année« .

Le président chinois a mit l’accent sur la collaboration bilatérale visant à « sauvegarder les résultats de la Seconde Guerre mondiale et l’ordre pacifique d’après-guerre« , et à « établir un nouveau type de relations internationales caractérisées par la coopération gagnant-gagnant ».

Le 30 juin, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, et Zhou Shengxian, Ministre de l’environnement chinois, ont signé un plan d’action commun pour la protection de l’environnement, dans le cadre de cette conférence internationale.

Ce plan prévoit le renforcement du soutien de la France au développement du droit de l’environnement en Chine et le transfert de l’expérience et du savoir-faire français dans divers domaines tels que la qualité de l’air, de l’eau et des sols, la protection des milieux aquatiques, la bonne gestion des produits chimiques, la labellisation environnementale entre autre.

Manuel Valls a également évoqué l’importance de la coopération sino-française, cependant le pays s’est fait devancé par les États-Unis, sur la question des changements climatiques. En effet, les États-Unis ont signé avec Pékin  un accord en la matière, qualifié d' »historique » par  le président américain, Barack Obama.

Ce « pas de géant pour l’humanité » pour l’Agence internationale pour l’énergie (AIE) est désormais une épine dans le pied français.

« Pour préparer la conférence, tous les pays devaient apporter leurs contributions nationales, avec des objectifs chiffrés au printemps 2015, les États-Unis et la Chine les ont devancés« , a expliqué au site L’Opinion, Simon Quemin, chercheur à la chaire d’économie du Climat.