Les autorités chinoises et américaines ont annoncé le 13 décembre un accord préliminaire, marquant une trêve après près de deux années de guerre commerciale traduite, par des droits de douane punitifs et évolutifs, fragilisant l’économie mondiale.

« C’est un accord fantastique pour tout le monde. Merci! », s’est réjoui le président américain Donald Trump (ci-contre) sur les réseaux. Ce dernier avait promis à ses électeurs en 2016 qu’il s’attaquerait au problème des pratiques commerciales « déloyales » de la Chine.

De son côté, le vice-ministre du Commerce, Wang Shouwen, a évoqué avant la conclusion de cet accord des réductions progressives des droits de douane américains. Les deux pays ont convenus de lancer un examen juridique et la traduction de l’accord avant de procéder à sa signature finale.

Aucune date de signature n’a été évoqué par les deux parties. Un responsable de l’administration Trump a indiqué que la signature pourrait intervenir « la première semaine de janvier ».

De son côté, le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow a souligné que la signature pourrait intervenir au niveau des ministres et non pas des présidents.

D’ailleurs, Donald Trump a indiqué renoncer à imposer, ce 15 décembre, comme prévu, une nouvelle salve de tarifs douaniers sur quelque 160 milliards de dollars (140,8 mds €) de biens chinois.

Le représentant américain au Commerce (USTR) a lui précisé que les droits de douane additionnels de 25% portant sur l’équivalent de 250 milliards de dollars (220 ds €) de marchandises chinoises restaient en place.

En revanche, les droits de douane de 15% sur 120 autres milliards de biens chinois, en vigueur depuis le 1er septembre, seront réduits de moitié (7,5%). Or pour les américain, il s’agit d’un « accord sans précédent », d’après Robert Lighthizer.

Evoquant « des changements structurels significatifs et pleinement exécutoires » de la part de Beijing, l’exécutif américain est muet sur les détails concrets. Le texte « commence à rééquilibrer les relations commerciales sino-américaines », a-t-il ajouté.

En 2018, le déficit américain avec la Chine pour les seuls biens était de 419,5 milliards de dollars (370 mds €). Sous l’effet des droits de douane, il a fortement diminué en 2019, soit -14,7% entre janvier et octobre, selon les données du département du Commerce américain.

Beijing et Washington ont indiqué que l’accord incluait la propriété intellectuelle, les transferts forcés de technologies, les produits alimentaires et agricoles, les services financiers, le taux de change, le renforcement des échanges commerciaux ou encore la façon dont seront résolus les litiges futurs.

Il s’agit des mêmes domaines que ceux envisagés en octobre lorsque Donald Trump avait déjà annoncé un accord (phase 1), qui n’avait jamais été véritablement approuvé par les autorités chinoises.

« L’accord établit un solide système de règlement des différends qui garantit une mise en œuvre et une application rapides et efficaces », a le représentant américain au commerce (USTR).

Depuis le début des négociations, Washington exige un mécanisme lui permettant de s’assurer que la Chine respecte bien un éventuel accord. L’USTR a estimé que ce traité va se traduire « par des réformes structurelles et des changements du régime économique et commercial de la Chine ».

L’accord comprend également un engagement de la Chine à faire « des achats supplémentaires substantiels » de biens et services américains au cours des prochaines années, a affirmé le représentant américain.

Lors de l’annonce du 11 octobre, Donald Trump avait dit que la Chine s’engageait à acheter des biens agricoles pour 40 à 50 milliards de dollars (35,2 à 44 mds €) par an.

« Je pense qu’ils vont atteindre 50 milliards de dollars », a déclaré Donald Trump, mais les sommes n’ont pas été confirmé par les autorités chinoises. Ce serait environ deux fois plus élevé que le pic des achats de la Chine, en 2012.

Les agriculteurs, ayant subi les représailles de la Chine, ont salué cette annonce. D’autant que la Chine est passée du 2ème marché pour les produits américains au 5ème depuis le début de la guerre commerciale.

« Rouvrir la porte au commerce avec la Chine et d’autres pays est essentiel pour aider les agriculteurs et les éleveurs à se remettre sur pied », a souligné Zippy Duvall le président de la principale fédération, l’American Farm Bureau Federation. « Ils préfèrent de loin cultiver pour le marché que de dépendre de l’aide du gouvernement ».

L’administration Trump a, elle, évoqué des achats supplémentaires « d’au moins 200 milliards de dollars au cours des deux prochaines années » pour les secteurs manufacturier, agricole, de l’énergie et des services.

Pour le vice-ministre du Commerce, Wang Shouwen, la conclusion de l’accord va profiter aux économies des deux pays et « stabilisera la confiance des marchés et créera un environnement propice (…) aux investissements ».

« La Chine espère qu’après la signature, les deux parties respecteront et appliqueront avec sincérité les dispositions de l’accord de phase 1, oeuvreront davantage pour promouvoir le développement des relations économiques et commerciales bilatérales et la stabilité économique et financière internationale, et sauvegarderont la paix et la prospérité dans le monde », a écrit l’agence de presse, Xinhua.