La police d’Hongkong a procédé le 18 avril à une dizaine d’arrestation dans les rangs des militants pro-démocratie, selon certains médias et sources politiques.

Parmi les personnes interpellées figure le magnat des médias Jimmy Lai, 72 ans, fondateur du journal d’opposition Apple Daily, appréhendé à son domicile.

De nouveaux ou anciens parlementaires ont également été arrêtés, dont Martin Lee, Margaret Ng, Albert Ho, Leung Kwok-hung et Au Nok-hin, accusés d’avoir organisé et participé à des rassemblements illégaux en août et octobre 2019.

Cinq autres personnes interpellées sont aussi soupçonnées d’avoir promu des manifestations interdites en septembre et octobre 2019. « Les personnes arrêtées sont accusées ou seront accusées de crimes liés » à ce genre de faits, a déclaré le commissaire Lam Wing-ho.

Les 14 interpellés comparaîtront en justice mi-mai. Jimmy Lai avait déjà été arrêté en février 2020 pour sa participation à une manifestation en août 2019, que la police avait interdite pour des raisons de sécurité.

Martin Lee a indiqué que « depuis tellement d’années, tellement de mois, tellement de jeunes gens ont été arrêtés et poursuivis, alors que je n’étais pas arrêté. Je le regrette ». Ce dernier a créé le premier parti politique de Hong Kong où il est considéré comme le père de la démocratie.

Hong Kong a été secouée depuis juin 2019 par d’immenses manifestations parfois émaillées de violences. Elles avaient été provoquées par un projet de loi – désormais abandonné – prévoyant d’autoriser les extraditions vers la Chine continentale, où les citoyens disposent de moins de droits et où le système judiciaire est bien plus opaque.

Pour la directrice de Human Rights Watch pour la Chine, Sophie Richardson, « les arrestations aujourd’hui de leaders pro-démocratie à Hong Kong sont le coup de grâce pour le concept de ‘Un pays, deux systèmes' ».

« Il est difficile de prévoir les prochaines initiatives de Pékin, mais il semble bien que les dirigeants de Hong Kong vont continuer de permettre des abus plutôt que de défendre les droits des habitants de Hong Kong », a-t-elle déploré.

Les rassemblements de 2019 ont rapidement muté en un mouvement pro-démocratie réclamant plus de libertés. Les manifestations sont par la suite devenues un défi au pouvoir de Pékin depuis que l’ex-colonie britannique est repassée dans le giron chinois en 1997.

Les dirigeants chinois ont refusé de céder aux demandes des militants pro-démocratie, telles que l’organisation d’élections libres dans la ville, une enquête sur les violences policières durant les manifestations et une amnistie pour les plus de 7.000 personnes (dont beaucoup n’ont pas 20 ans) arrêtées pendant le mouvement.

La parlementaire pro-démocratie Claudia Mo a déclaré que le gouvernement local « tente de toutes ses forces de mettre en place un règne de terreur ». « Ils font tout ce qu’ils peuvent pour essayer de museler et de détruire l’opposition locale, mais nous restons unis », a-t-elle dit. « Il est évident que toutes leurs actions sont une mise en scène ».