mercredi, juin 19

Arrivée de la Chine au Parlement centraméricain, Taiwan dénonce

Le Parlement centraméricain (Parlacen) a accordé le 21 août à la Chine le statut d’observateur permanent lors d’une réunion à Managua, la capitale du Nicaragua. Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a déclaré en réponse que Taïwan quittait le forum régional pour «sauvegarder (la) souveraineté et (la) dignité nationales».

Le Parlacen regroupe des députés issus du Guatemala, du Salvador, du Honduras, du Nicaragua, de la République dominicaine et du Panama, servant d’institution politique et d’organe parlementaire du Système d’intégration centraméricain (SICA).

Taiwan quitte le parlement centraméricain

Taïwan a annoncé le 22 août son retrait du Parlement centraméricain (Parlacen) après que le forum régional a voté le 21 août, sur proposition du Nicaragua, pour retirer à l’île son siège d’observateur permanent et la remplacer par la Chine.

Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a déclaré en réponse que Taïwan quittait le forum régional pour «sauvegarder (la) souveraineté et (la) dignité nationales». «La dictature de Daniel Ortega au Nicaragua est prête à devenir un pion de la Chine (…) pour manipuler le sophisme du soi-disant “principe d’une seule Chine” et s’emparer de nos droits au Parlacen», a-t-il fustigé mardi dans un communiqué.

Cette décision «souligne également l’intention de la Chine de saper la démocratie en Amérique centrale et son ambition de s’étendre dans la région», a ajouté Taïpei.

Basé à Guatemala, le Parlacen est un organe politique représentant six pays de la région (Panama, Costa Rica, Nicaragua, Honduras, Salvador, République dominicaine), où Taïwan et la Chine se livrent à une lutte d’influence.

La diplomatie chinoise est très active en Amérique centrale où Taïwan a perdu en mars un allié avec la décision du Honduras de nouer des relations officielles avec Pékin.

Depuis l’arrivée au pouvoir de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen en 2016, Pékin a intensifié la pression militaire et s’est rallié neuf des alliés diplomatiques de Taïpei, dont le Nicaragua, qui a rompu les relations officielles en 2021. Au sein du Parlacen, le Guatemala est le seul membre qui reconnaît encore Taïwan.

La Chine satisfaite

Un porte-parole de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée populaire nationale (APN) a exprimé le 22 août sa haute appréciation de la récente décision du Parlement centraméricain (Parlacen) de révoquer le statut d’observateur permanent de l’organe législatif de Taïwan et d’inclure l’APN en tant qu’observateur permanent.

Le porte-parole, Xu Dong, a déclaré qu’il s’agissait d’un « choix judicieux qui correspondait à la tendance de l’histoire et de notre époque ». « Il n’y a qu’une seule Chine dans le monde, et que Taiwan est une partie inaliénable du territoire chinois. Le gouvernement de la République populaire de Chine (RPC) est le seul gouvernement légal représentant l’ensemble de la Chine ».

Ce dernier a indiqué que « la souveraineté de la République populaire de Chine sur Taiwan a été clairement reconnue par la Déclaration du Caire, la Déclaration de Potsdam et la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies. »

« Taiwan n’a pas d’autre statut en droit international que celui de partie de la Chine », a déclaré le porte-parole, ajoutant que « l’île n’a pas le droit d’adhérer à une organisation internationale dont l’adhésion est limitée à des États souverains ».

La décision juste du Parlacen sur la question de Taiwan a pleinement démontré que « le respect du principe d’une seule Chine servait le plus grand bien des relations internationales, et s’accorde avec la volonté de la population et la tendance irrésistible de l’époque », a indiqué Xu Dong.

Selon lui, cette décision démontre pleinement l’engagement universel et ferme de la communauté internationale envers le principe d’une seule Chine, qui est inébranlable et incontestable, a déclaré le porte-parole, ajoutant que « cela prouvait une nouvelle fois que toute tentative visant à créer « deux Chines » ou « une Chine, un Taiwan » est vouée à l’échec. »

Xu Dong a exprimé la volonté de la Chine d’établir et de renforcer la coopération et les échanges amicaux avec le Parlacen sur la base du principe d’une seule Chine.

Il s’est engagé à promouvoir davantage les échanges et la coopération avec les parlements des pays d’Amérique centrale concernés, et à apporter de nouvelles contributions au renforcement des relations bilatérales et à davantage de bénéfices pour les populations des deux parties.

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