Business et dépôt de marque en Chine ou Dépôt de marque et Business? « La réponse parait évidente ! Mais ce n’est en réalité pas tout le temps le cas » selon Armand Mazloumian, Président du Centre Franco-Chinois et Ambassadeur de l’Office de Tourisme de la Ville d’Aix-en-Provence.

Armand Mazloumian, Ambassadeur de l’Office de Tourisme de la Ville d’Aix-en-Provence et Président du Centre Franco-Chinois en compagnie de dirigeants chinois dont une très importante femme d’affaire Chinoise célèbre (crédit photo, Centre Franco-Chinois)

Le Centre franco chinois d’Aix-en-Provence conseille depuis plus de 12 ans de nombreuses marques mode, luxe, beauté françaises qui souhaitent se développer sur le marché chinois.

Il faut « repenser les relations d’affaires avec la Chine ».

Au travers de conférences thématiques ou de rendez-vous B2B avec les entreprises, l’association fait bénéficier gratuitement de conseils business, spécialisés et adaptés aux marques;  des expertises allant de la création de société à capitaux étrangers en Chine, le retail, la stratégie, le branding ou bien le digital.

Le dernier séminaire, placé sous le thème « Pourquoi les marques occidentales célèbres échouent souvent en Chine? », a rencontré un certain succès. Lors de cette rencontre, tous se sont accordés à dire qu’il faut « repenser les relations d’affaires avec la Chine ».

« Ce n’est plus d’Eldorado d’il y a 10 ou 15 ans. Dans des zones concurrentielles comme Shanghai, Hong Kong ou Pékin, les loyers de bureaux ont explosé, les salaires aussi. là où il a 10 ans, une assistante de direction était payée 550€ par mois, vous n’en trouverez plus à moins de 800€ aujourd’hui« , a expliqué Armand Mazloumian au quotidien La Provence.

Raison pour laquelle cet expert du marché chinois préconise aux entrepreneurs de penser aux « villes secondaires chinoises, qui ouvrent de vraies perspectives, vouloir absolument s’installer à Shanghai, c’est une erreur ».

Le « Made in Provence »  excelle en Chine

« Les marques françaises sont très appréciées des consommateurs chinois, mais depuis environ deux ans la demande des  produits ‘Made in Provence’ explosent auprès de la clientèle chinoise. L’expansion de l’e-commerce cross-border en Chine favorise ce phénomène et permet aujourd’hui à des PME provençales de se lancer sur le marché chinois plus rapidement, sans nécessité d’avoir un stock en Chine, alors qu’elle n y’aurait pas forcement pensé auparavant » a expliqué le président de l’ADRIFC.

Pour ce dernier, ces possibilités sont possibles grâce notamment à Alibaba qui a ouvert un bureau à Paris, « il y’a plus d’un pour y développer sa plateforme e-commerce cross-border Tmall Gobal, afin de convaincre les marques françaises de vendre leurs produits sur Tmall Global par la création d’un pavillon France et ‘Provence’. Ce pavillon rassemble des marques de produits de Provence. Il y’ a deux ans, un entrepôt de la plateforme à aussi été ouvert à Marseille. Parallèlement, VIP.com, plateforme e-commerce a aussi ouvert un bureau à Paris. Plus récemment, Kaola du groupe Netease (première plateforme e-commerce en part de marché), c’est aussi implantée à Paris« , a observé Armand Mazloumian.

Demandes croissantes de marques provinciales

Face à l’ouverture du marché chinois aux entreprises étrangères et notamment aux marques françaises, « le Centre franco chinois reçoit de plus en plus de demande de marque basées en Provence, qui souhaitent développer leur marque en Chine ou auprès des touristes chinois en France », note le communiqué de l’association.

En effet, des entreprises de différents profils sont demandeuses de conseil et de soutien pour engager des affaires en Chine. « Une partie des demandes provient de marques locales qui ont déjà établi des relations d’affaires en Chine, avec des partenaires distributeurs chinois, la plupart du temps. Les autres demandes proviennent d’entreprises qui souhaitent commencer à se développer en Chine, et n’ont rien entrepris auparavant sur ce marché« , a expliqué Armand Mazloumian.

Rencontre d’affaire avec une entreprise chinoise et une marque de Provence, organisée par le Centre Franco-chinois précédemment

« En effet, depuis 12 ans, nous constatons qu’un trop grand nombre d’entreprises qui nous consulte, démarre des relatons d’affaires et sont focus sur vendre leur produit au lieu de construire l’image de marque et protéger la marque », a précisé le nouvel ambassadeur de l’Office de Tourisme de la Ville d’Aix-en-Provence en Chine.

Dans un communiqué, l’ADRIFC a présenté plusieurs cas, dans lesquels, les entreprises ont du faire face à des obstacles, en raison du non dépôt de la marque en Chine.

La nécessité du dépôt de marque en Chine

Par exemple, nous avons constaté dans nos échanges avec une grande marque française marseillaise de street-wear, qui a rencontré de nombreux problèmes pendant plusieurs années empêchant son développement commercial en Chine, parce qu’elle n’avait pas enregistrée sa marque en Chine. L’entreprise a du négocier dur avec la personne chinoise qui a déposé la marque en Chine.

De même qu’une autre marque connue de mode homme, basée en Provence, qui s’est lancé avec un partenaire chinois distributeur pendant plusieurs années avec succès, sans penser à déposer sa marque, malgré nos recommandations, a vue sa marque quelques années plus tard déposée par  ce même partenaire chinois. Les recours sont difficiles ensuite, puisque le partenaire chinois l’a déposé légalement en Chine dans ce cas.

C’est aussi le cas de la marque New Balance et la marque version chinoise « Xin Bai Lun » ou de la marque Michael Jordan et du fabricant de chaussure chinois qui à crée la marque Qiaodan avec le logo de la marque Michael Jordan.

D’autres marques, communiquent sur quelques articles de Presse ou sur les réseaux sociaux chinois, WeChat, Weibo… avec le risque de se faire remarquer par quelqu’un qui pourrait déposer la marque en premier.

Avoir « une approche différente » avec les chinois

« Aujourd’hui, nous constatons que dans les nombreuses marques qui nous consulte et malgré nos recommandations d’effectuer un dépôt de marque au préalable : en français, avec un non en chinois et le logo en noir et blanc, certaines préfèrent démarrer rapidement des ventes avec un partenaire en retail ou sur des plateformes e-commerce cross border, sans forcement effectuer au préalable un dépôt de marque qui ne coûte pourtant qu’environ 400 euros en direct« , a indiqué Armand Mazloumian

Ce dernier a d’ailleurs souligné que « 50% des entreprises qui nous sollicitent depuis 12 ans rencontres des problèmes dans leurs affaires avec leurs partenaires chinois. Beaucoup concernent la protection de la marque en Chine. Nous conseillons d’adopter  une approche différente; mieux imprégner des codes d’affaires chinois, de la culture chinoise et des réglementations en vigueur dans le pays avant de se lancer, permet une meilleure compréhension,  une coopération plus sereine avec son partenaire et augmente ses chances de succès« .