Le ralentissement économique présageait une diminution des investissements directs étrangers de la Chine en Afrique, bien que les autorités chinoises, dont l’ambassadeur de Chine au Gabon, Sun Jiwen, tentaient de rassurer les dirigeants africains.

Le 27 octobre, ce dernier avait assuré que son pays « veut augmenter son volume d’échanges de 210 à 400 milliards de dollars d’ici 2020 ». « La Chine va accentuer davantage sa présence sur le marché africain », avait déclaré le diplomate chinois devant des diplomates africains en poste au Gabon et des représentants au Gabon de la Banque africaine de développement (BAD),

ChinadiafriqueMais un mois plus tard les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les investissements chinois en Afrique ont chuté de plus de 40%, à environ 1,2 milliards de dollars, en glissement annuel durant les six premiers mois de l’année, en raison du ralentissement économique de la Chine, qui a entraîné une baisse drastique de sa demande en matières premières.

Shen Danyang, porte-parole du ministère du Commerce, a expliqué à la presse que « la chute rapide des investissements par la morosité économique mondiale et la volatilité des prix des matières premières sur le marché international ».

Concurrent direct de la Chine en Asie et désormais en Afrique, l’Inde tente de rattraper son retard diplomatique et économique. Raison pour laquelle, Narendra Modi a décidé de lancer son Sommet Afrique-Inde, dont le premier a été organisé à New Delhi du 26 au 29 octobre, en présence d’une quarantaine de chefs d’Etat ou de gouvernement de pays africains.

En comparaison, les relations sino-africaines ont atteint 176 milliards d’euros en 2014, contre 61,6 milliards d’euros entre l’Inde et l’Afrique. Un déséquilibre que veut rapidement rattraper l’Inde. Pour Jean-Joseph Boillot, spécialiste de l’Inde au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) et co-auteur de « Chinadiafrique », ce sommet vise à attirer les dirigeants africains inquiets du ralentissement économique chinois.

« L’intérêt de l’Inde pour l’Afrique va se maintenir, permettant de tirer les économies du continent grâce à la demande accrue indienne pour les matières premières », précise le chercheur. Les autorités indiennes veulent profiter de la baisse de la demande chinoise pour prendre la place. En effet, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont diminué de près de 43% entre janvier et juin 2015, confirmant l’affaiblissement de la demande chinoise pour les ressources africaines.