La Chine et l’Union européenne (UE) ont convenu de tenir une à deux réunions ministérielles par an dans le cadre de leur mécanisme de consultation sur le commerce et l’investissement, a annoncé le ministère chinois du Commerce.
La Chine a invité le commissaire européen au Commerce à se rendre en Chine cet automne pour la deuxième session de ce mécanisme de consultation, a précisé He Yadong, porte-parole du ministère, lors d’une conférence de presse.
Le but est de résoudre les tensions, « afin de stabiliser et d’équilibrer davantage notre relation bilatérale », ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint. Selon Maros Sefcovic, l’idée est de parvenir à « de premiers résultats concrets » en octobre, lorsqu’il se rendra à son tour en Chine, à l’invitation de Wang Wentao.
Un calendrier relativement court, alors que les Européens commencent à perdre patience, et ont demandé à Bruxelles de renforcer l’arsenal de défense commercial de l’UE, pour mieux protéger leur marché contre les distorsions de concurrence étrangères.
Le déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine a été multiplié par cinq en volume ces dix dernières années, et a plus que doublé en valeur. Bruxelles accuse la Chine de concurrence déloyale, lui reprochant de subventionner massivement ses entreprises, au risque de balayer des pans entiers de l’industrie européenne (automobile, chimie, acier…).
Pékin s’en défend mais selon l’OCDE, de 2004 à 2025, les entreprises chinoises ont reçu en moyenne 3 à 8 fois plus de soutien public que leurs homologues basées dans ses pays membres. L’UE veut en outre réduire son énorme dépendance à la Chine pour ses approvisionnements en matières premières critiques et en semiconducteurs.
Bruxelles dispose d’un soutien quasi unanime des 27 pays de l’UE, mais la Commission n’a pas encore dévoilé les mesures qu’elle pourrait prendre. L’UE a déjà pris une série de mesures inédites ces derniers mois pour protéger son marché intérieur, comme le doublement des droits de douane sur les importations d’acier ou la taxation des petits colis entrant dans l’UE.
Une situation compliquée
Quelques jours plutôt, le ministère a affirmé que la Chine et l’Europe étaient des « partenaires, pas des rivaux », après que le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a jugé que le statu quo commercial entre les deux parties n’était « pas une option », face à un déséquilibre des échanges jugé « insoutenable ». Pour lui, l’Europe doit « défendre sa base industrielle et se battre pour des règles du jeu équitables au niveau mondial, pour que nos entreprises aient la possibilité de rivaliser à armes égales ».
En 2025, le déficit commercial de l’UE avec la Chine pour les échanges de biens s’élevait à environ 360 milliards d’euros (410 milliards de dollars), une somme attribuée en grande partie par l’Europe à des pratiques déloyales de Pékin. « L’écart se creuse. Les exportations de la Chine vers l’UE continuent d’augmenter, tandis que notre part du marché chinois ne cesse de se réduire », a expliqué Marcos Sefcovic, qui dirige la politique commerciale de l’UE, avant un dîner de travail avec son homologue chinois.
« Les difficultés auxquelles l’Union européenne (UE) est confrontée ne trouvent pas leur origine en Chine », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun. Selon lui, la solution passe par un approfondissement des relations économiques et commerciales sino-européennes, fondées sur la coopération et le développement commun.
La Chine est prête à renforcer le dialogue avec l’UE, à gérer les différends commerciaux de manière constructive et à préserver la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales, a-t-il ajouté.
La Chine prête à se « défendre »
Les autorités chinoises alertent de la possibilité de mettre en place des mesures de rétorsion, car elle s’oppose à « toute mesure restrictive » qui serait prise contre ses entreprises, et « si l’UE persistait à vouloir imposer de telles dispositions, elle serait contrainte de prendre des contre-mesures, pour défendre ses intérêts légitimes », avait prévenu la semaine dernière le chef de la mission chinoise auprès de l’UE, Cai Run.
Mais « nous sommes tout à fait en mesure de résoudre les frictions et les désaccords économiques et commerciaux par le dialogue », avait-il insisté. Le Chine et l’UE n’ont pas intérêt à se lancer dans une guerre commerciale frontale, vu l’importance de leurs échanges économiques: la Chine est le 4ème débouché pour les exportateurs européens et le premier pays fournisseur de l’UE.
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