De notre stagiaire Mathilda Golaz – Depuis quelques jours, la ville de Wuhan, située dans le centre de la Chine, est en proie à une épidémie de pneumonie inexpliquée, suscitant de l’inquiétude dans le reste du monde.

Il y a quelques jours, un groupe d’experts a établi de manière préliminaire que l’agent pathogène de ce cas de pneumonie virale était en fait un nouveau type de coronavirus.

Dans un reportage du 9 janvier 2020 de la chaîne de télévision chinoise CCTV News, on apprend que selon une étude préliminaire menée par un groupe de chercheurs, un nouveau type de coronavirus a été détecté en laboratoire.

Les chercheurs sont parvenus à séquencer entièrement le génome du virus et ont pu constater qu’il s’agissait d’un nouveau type de coronavirus grâce à une méthode de détection des acides nucléiques.

Les chercheurs ont pu isoler le virus à partir d’un échantillon issu d’un patient positif et, dans 15 cas, une fois passé au microscope électronique, ils ont pu constater que le virus présentait la forme caractéristique d’un coronavirus.

Le groupe de chercheurs estime que cet agent pathogène a été identifié de manière préliminaire comme étant un nouveau type de coronavirus. La prochaine étape pour ces chercheurs sera de mener à la fois des recherches en étiologie (étude des causes et facteurs d’une maladie) et des enquêtes épidémiologiques, mais également de procéder à une étude des signes cliniques de la maladie.
Selon les chercheurs, l’identification de la cause d’une épidémie nécessite généralement les éléments suivants :
les chercheurs doivent pouvoir observer la présence d’agents pathogènes suspects chez les patients et détecter des acides nucléiques pathogènes dans leurs échantillons cliniques.
les agents pathogènes doivent être isolés avec succès à partir des échantillons cliniques.
les chercheurs doivent observer que l’agent pathogène isolé provoque les mêmes symptômes chez le cobaye infecté. De plus, le taux d’anticorps de l’agent pathogène présent dans le sang du patient étant quatre fois plus élevé que d’ordinaire, cela peut aider les chercheurs à déterminer l’agent pathogène correspondant.

Les coronavirus font partie d’un groupe d’agents pathogènes qui se manifestent par des symptômes au niveau des voies respiratoires et des intestins. Ce type de virus se distingue par de nombreuses protubérances présentes à intervalle régulier à sa surface et sa forme générale évoque celle d’une couronne, d’où le nom de « coronavirus ».

Jusqu’à présent, les chercheurs avaient connaissance de six types de coronavirus humains. Quatre de ces coronavirus sont relativement communs et moins pathogènes, ne provoquant généralement que des symptômes respiratoires mineurs semblables à ceux du rhume.

Deux autres types, le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (aussi connus sous les noms de coronavirus du SRAS et coronavirus MERS), peuvent causer de graves maladies respiratoires.

Le 30 décembre 2019, la Commission municipale de l’hygiène et de la santé de Wuhan a publié un avis d’urgence indiquant que certains établissements médicaux de la ville présentaient des cas de pneumonie inexpliquée. Cet avis oblige chaque établissement médical à suivre de près les patients et à faire remonter immédiatement les informations si besoin est.

Le 1er janvier 2020, un groupe d’experts de la Commission nationale de la santé de Chine est arrivé à Wuhan pour effectuer des travaux d’inspection et de vérification connexes.

Le 5 janvier, une circulaire émise par la Commission municipale de l’hygiène et de la santé de Wuhan annonçait que plus tôt dans la journée, à 8 h, la ville avait signalé 59 cas de pneumonie virale inexpliquée.

Sept d’entre eux étaient des patients gravement atteints tandis que les autres étaient dans un état stable. À l’heure actuelle, tous les patients traités dans les établissements médicaux de Wuhan sont en quarantaine, et aucun décès n’a été signalé.

En réponse à cette pneumonie inexpliquée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également publié un avis le 5 janvier, déclarant qu’il n’était pas nécessaire de mettre en place des restrictions, que ce soit concernant le tourisme ou le commerce avec la Chine.

Le 8 janvier, la Commission municipale d’hygiène et de santé de Wuhan a annoncé via une nouvelle circulaire que huit patients atteints de pneumonie virale avaient été guéris et avaient été autorisés à quitter l’hôpital.

Notons également que la Chine a connu la première épidémie du virus du SRAS en 2002 à Shunde, dans la région du Guangdong, qui s’est ensuite propagée à travers le monde. Jusqu’au 16 juillet 2003, l’épidémie a progressivement été enraillée, avant de disparaître complètement le 2 septembre.