L’Indonésie a déployé des chasseurs et des vaisseaux de guerre autour des îles Natuna proches de la mer de Chine méridionale, après l’incursion de bateaux de pêche chinois, a indiqué l’armée indonésienne.

Le président indonésien, Joko Widodo, s’est rendu ce 9 janvier sur cet archipel du Nord de l’Indonésie, situé près de la mer de Chine méridionale. Il s’agit d’une zone maritime revendiquée quasiment entièrement par la Chine, malgré l’opposition de plusieurs pays comme le Vietnam, les Philippines et la Malaisie.

Face aux incursions répétées de navires chinois, les forces indonésiennes « ont déployé huit vaisseaux de guerre », a indiqué le porte-parole de la marine Fajar Tri Rohadi, afin de réaffirmer la souveraineté indonésienne sur cette zone poissonneuse peu habitée. L’armée de l’air a aussi confirmé que des chasseurs F-16 survolaient la zone.

« J’ai affirmé à de nombreuses reprises que Natuna était notre territoire souverain », a déclaré Joko Widodo, ajoutant qu’il « n’y a rien à débattre, j’espère que c’est clair ». Jakarta ne réclame pas de droits sur la mer de Chine méridionale mais ne tolère pas d’incursions de la Chine dans sa zone économique exclusive (ZEE) voisine.

« Le nombre de bateaux de pêche sur zone est de 50 à 60 à ce jour », escortés par des garde-côtes chinois, a indiqué le responsable de l’agence de sécurité maritime Achmad Taufiqoerrochman.

Ce qui inquiète les responsables de la sécurité indonésienne, c’est la présence accrue des garde-côtes chinois, une force policière de 16 000 hommes relevant de l’administration océanique d’État de Beijing, dont la flotte s’étend de 130 tonnes de patrouilleurs à 12 000 tonnes, plus gros que la plupart des croiseurs lance-missiles .

A Beijing, le ministère des Affaires étrangères a tempéré ces incidents en soulignant qu' »il n’y avait pas de dispute sur la souveraineté territoriale » entre l’Indonésie et la Chine, même si les deux parties « ont des prétentions concurrentes sur les droits maritimes » dans la zone.

« Nous voulons traiter de façon appropriée ces divergences avec l’Indonésie » a souligné le porte-parole de la diplomatie chinoise Geng Shuang.

Les dernières incursions de navires chinois qui ont été les plus graves datent de mars 2016, lorsque deux navires des gardes-côtes chinoise ont pénétré la limite territoriale de 12 milles marins de l’Indonésie pour forcer le retour d’un chalutier chinois, qui avait été intercepté profondément dans la ZEE indonésienne.