Le moratoire annuel sur la pêche d’été en mer de Chine méridionale a commencé le 1er mai, afin de définir la durée de l’interdiction de pêche qui va couvrir les eaux au nord du 12 degrés de latitude nord de la mer de Chine méridionale.

Mer de Chine

Cette interdiction durera trois mois et demi, au cours de laquelle des inspections sur la sécurité des engins de pêche et un contrôle des navires de pêche illégaux seront effectués dans la province de Hainan.

Toutefois, le biologiste marin John McManus, a expliqué que la mer de Chine méridionale est maintenant considérée comme le lieu le plus riche en biodiversité sur terre. Il a dit qu’il y avait environ 570 espèces de corail dans la région, et que ce niveau élevé apporte des milliers d’espèces de poissons.

Face à une telle biodiversité, le scientifique a exhorté les gouvernements locaux à établir une autorité de régulation pour arrêter la destruction des récifs au large et lutter contre la surpêche.

Or la Chine a imposé l’interdiction de pêche annuelle en mer de Chine méridionale depuis 1999, dans le cadre des efforts du pays pour promouvoir le développement durable de la pêche en mer et améliorer l’écologie marine.

Cependant, les conflits territoriaux dans la mer de Chine méridionale rendent difficile l’accès des scientifiques marins aux récifs coralliens pour entreprendre des recherches vitales.

Le professeur McManus de biologie marine et des pêches de l’Université de Miami, a déclaré Express.co.uk que «les gens y vont rarement parce qu’ils pourraient être percutés et coulés par les destroyers de missiles chinois qui patrouillent dans la région».

Il a expliqué qu’environ 12 à 15% des prises mondiales de poissons proviennent de la mer de Chine méridionale et que les scientifiques pensent que la majeure partie de la région «est sur le point de s’effondrer ».

D’ailleurs certains récifs du sud de la Chine ont déjà été définitivement détruits en raison de la construction de bases militaires au-dessus d’eux. «Il y a 70 avant-postes militaires dans les seules îles Spratly», selon le professeur McManus.

Ce dernier a déclaré qu’environ 90% des récifs restants dans les eaux contestées nécessitent une attention immédiate pour préserver l’environnement. Mais il a assuré que personne ne peut réellement accéder à la mer de Chine méridionale pour découvrir toutes les informations nécessaires pour protéger la région.

Le professeur McManus et d’autres scientifiques appellent à une coopération régionale pour arrêter la destruction nuisible des récifs coralliens dans les eaux contestées. Ils exigent que les gouvernements locaux de la zone forment une organisation régionale de gestion des pêches (ORGP), afin de soutenir la conservation dans la mer de Chine méridionale et mettre fin à la surpêche dans les eaux.

Il existe déjà environ 17 ORGP qui couvrent certaines zones des océans du monde pour gérer les pêcheries, mais aucune dans la mer de Chine méridionale. John McManus a expliqué au média britannique qu’avec «une organisation régionale de gestion des pêches, au moins les gens auront une réunion régulière peut-être une ou deux fois par an pour parler de choses, ils pourront échanger des données, mieux gérer les évaluations des stocks et peut-être même influencer la réglementation. C’est ce dont nous avons besoin maintenant».