Avec Cassien Tribunal Aungane – Le Premier Ministre de la RDC, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a rencontré une délégation d’investisseurs chinois, conduite par le Ministre du Développement Rural, François Rubota, le 9 août. 

Ces investisseurs chinois étaient venus présenter au Premier Ministre une série des projets de développement qu’ils entendent mettre en œuvre en République Démocratique du Congo.

Lors d’un point presse, le Ministre du développement rural a donné les grandes lignes de cette rencontre. «Nous avons été reçus par son Excellence Monsieur le Premier Ministre, chef du Gouvernement, avec la délégation de Greter Kingdom, une délégation venue de la Chine», a expliqué le ministre.

Les investisseurs chinois «sont porteurs d’un message pour accompagner la République Démocratique du Congo au regard de la vision de son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, dans un programme qu’on appelle ‘Programme d’appui à la modernisation des villages’», a précisé François Rubota.

Selon lui, ce programme contient beaucoup de projets. Il s’agit de la construction des logements sociaux, de la construction des édifices, des centres de santé, des hôpitaux, des écoles, des infrastructures de base, y compris des routes de desserte agricole et quelques voiries urbaines.

Ces projets font partie des sujets évoqués par la délégation chinoise auprès du Premier Ministre. «Il a réagi positivement, en posant même la question de savoir quand-est-ce que les travaux peuvent effectivement débuter. La délégation chinoise a promis qu’à son retour, ils vont se mettre à pied d’œuvre pour que le projet commence le plus rapidement possible en donnant un délai d’un mois ou tout au plus, deux mois», a indiqué le ministre du développement rural.

Ce dernier a précisé que «le financement viendra des banques chinoises au titre de prêt à la RDC. Le remboursement pourrait se faire par des infrastructures qui pourront être développées à travers tous les territoires avec beaucoup d’activités qui seront développées sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Un calendrier est fixé. Disons que d’ici deux mois, les travaux commencent. Dans deux ans, d’ici 2023, des projets seront déjà réalisés et la suite pourrait continuer».

Le chef du gouvernement, Jean-Michel Sama Lukonde, a de son côté donné toutes les assurances à la délégation chinoise.

Zhu Jing, ambassadeur de Chine en République démocratique du Congo

En effet, les investisseurs chinois s’inquiètent du cadre juridique de la RDC. «Aucune coopération n’est parfaite, la coopération sino-congolaise mérite d’être améliorée constamment. Si les deux parties, après la consultation amicale, décident de modifier quelque chose, ou d’améliorer le partenariat, je crois que les entreprises chinoises seront ouvertes, c’est notre objectif final. Pour attirer tout investissement étranger il faut avoir un cadre juridique stable, pour avoir la crédibilité vis à vis des entrepreneurs», a indiqué Zhu Jing, ambassadeur de Chine en RDC.

Ce projet «va se tenir sur un programme très bref. D’ici à deux mois, nous aurons à commencer certaines concrétisations du projet. C’est pourquoi, il y a un programme qui est établi là-dedans. Nous allons, d’ici à deux mois, commencer la réalisation de ce projet. Les deux provinces sur lesquelles nous avons déjà des études de faisabilité et d’autres qui vont se faire, sont les provinces de Tanganyika et de Kongo Central», a déclaré Stephen Bwansa Mabele, représentant de Greter kingdom.

De son côté, l’ambassadeur de Chine en République Démocratique du Congo, Zhu jing, a indiqué que le coût d’investissement des entreprises chinoises en RDC est de 176 millions USD (158,4 milliards d’euros).

La RDC «est devenue la première destination des investissements chinois en Afrique durant les six premiers mois de l’année 2021. Je crois que c’est un progrès remarquable. La coopération sino-congolaise est une coopération gagnant-gagnant. Quand on parle de revisiter le contrat minier avec la Chine, il y a les tendances de politisation, nous devrions être vigilant, la coopération sino-congolaise dans le secteur minier est un pilier pour notre partenariat stratégique. La RDC est un pays riche en ressources naturelles, mais si les minerais ne sont pas exploités ça ne coûte aucun dollars», a déclaré Zhu Jing.

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Ce dernier fait référence à l’annonce faite en mai 2021 du président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, qui souhaite renégocier les contrats miniers, notamment ceux signés avec la Chine par son prédécesseur Joseph Kabila.

Pour le quotidien le Potentiel, Félix Tshisekedi visent en priorité la Chine, entamant «un bras de fer avec la Chine sur les contrats passés avec Kabila», alors que la RDC, « jadis un allié de taille » de la Chine, « s’est maintenant rapprochée des États-Unis ».