dimanche, juin 16

Le président congolais va renégocier avec les contrats signés avec la Chine

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a annoncé son intention de renégocier les contrats miniers, notamment ceux signés avec la Chine par son prédécesseur Joseph Kabila.

«Il n’est pas normal que ceux avec qui le pays a signé des contrats d’exploitation s’enrichissent pendant que nos populations demeurent pauvres », a déclaré Félix Tshisekedi, lors d’une visite dans la ville minière de Kolwezi, dans le Katanga. Le Katanga abrite d’immenses richesses minières, dont le cobalt, le cuivre, l’uranium.

Ce dernier a indiqué qu’«il est temps que le pays réajuste ses contrats avec les miniers pour sceller des partenariats gagnant-gagnant».

«C’est aussi notre faute. Certains de nos compatriotes avaient mal négocié les contrats miniers. Pire, le peu qui revient à l’État, ils l’ont mis dans leurs propres poches», a-t-il accusé, promettant de faire du «grand Katanga, du Congo tout entier (…) la capitale mondiale des minerais stratégiques».

Arrivé la veille à Lubumbashi, la capitale du Haut-Katanga, il avait dénoncé les investisseurs miniers dans la région qui «nous ont trop volé», qui «deviennent de plus en plus riches» tandis que les Congolais «continuent à croupir dans la misère».

Les investisseurs miniers étrangers sont arrivés massivement au Katanga dans les années 2000, mais sans jamais le moindre impact sur le développement économique et social du pays, qui reste le 8e pays le plus pauvre de la planète.

Une quarantaine d’entreprises minières opèrent aujourd’hui au Katanga, dont les géants Gécamines et Tenke Fungurume Mining (TFP). Une trentaine d’entreprises minières sont chinoises ou à capitaux majoritairement chinois.

Pour le quotidien le Potentiel, Félix Tshisekedi visent en priorité la Chine, entamant «un bras de fer avec la Chine sur les contrats passés avec Kabila», alors que la RDC, « jadis un allié de taille » de la Chine, « s’est maintenant rapprochée des États-Unis ».

Contrairement à son prédécesseur, Joseph Kabila, au pouvoir de 2001 à 2019, avait négocié en 2008 un contrat en promettant du cobalt et du cuivre contre la construction d’infrastructures, avec un consortium chinois pour un montant de 9 milliards de dollars.

Ce contrat a été renégocié à 6 milliards sous pression du Fonds Monétaire Internationale. Actuellement, près de 2,74 milliards ont été décaissés par la Chine, pour l’essentiel sous forme d’investissements.

«Il n’y a pas de plan anti-chinois», atteste une source proche de la présidence, assurant que «nous ne sommes pas dans l’optique d’un bras de fer avec nos partenaires, qui ont le bénéfice du doute».

Le 6 mai sur twitter, l’ambassadeur américain Peter Pham, a salué d’un « Bravo! », un article de la revue Africa Intelligence révélant cette renégociation à venir des contrats chinois au Katanga.

De son côté l’ambassadeur de Chine dans le pays, Zhu Jing, a écrit sur Twitter, «la RDC et l’Afrique ne doivent pas être le champ de bataille des puissances. Soyons vigilants à ceux qui crient aux combats et cherchent à créer de l’hostilité».

Le 7 mai, les présidents Xi Jinping a eu un entretien téléphonique avec Félix Tshisekedi.

Xi Jinping a indiqué que «la RDC est un partenaire important de la Chine en Afrique, et que le soutien et la confiance mutuels étaient une bonne tradition entre les deux pays». Ce dernier a assuré que la Chine considère et développe toujours ses relations avec la RDC dans une perspective stratégique et à long terme, «soutient la RDC dans ses efforts visant à sauvegarder l’indépendance, la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement du pays, et est prête à accroître les échanges politiques et en matière de gouvernance d’État avec la RDC».

De son côté, Félix Tshisekedi a indiqué que «la RDC et la Chine sont liées par une amitié profonde, et la RDC poursuit la politique d’une seule Chine et s’engage fermement dans l’amitié avec la Chine, devenant ainsi un important partenaire de la Chine en Afrique. La RDC entend intensifier ses échanges avec la Chine et approfondir la coopération avec elle dans des domaines tels que l’économie, le commerce, les ressources et les infrastructures».

Une source proche de la présidence congolaise a souligné que la renégociation «concerne tous les miniers, mais de fait les Chinois ont aujourd’hui une place dominante dans le secteur», ajoutant qu’il faut «s’attendre dans les prochains mois à des discussions avec tous les miniers».

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