Plusieurs vétérans pro-démocratie à Hong Kong ont été jugés pour l’organisation d’une des plus grandes manifestations de 2019. Ils ont dénoncé des poursuites « politiques » à l’ouverture de leur procès.

Parmi les neuf prévenus, certaines des personnalités les plus respectées de la lutte pour les libertés à Hong Kong, ex-colonie britannique, souvent des défenseurs de la non-violence qui sont mobilisés depuis des décennies pour l’instauration d’un véritable suffrage universel à Hong Kong.

L’un des plus célèbres est l’avocat de 82 ans Martin Lee, qui avait avant la rétrocession été choisi par la Chine pour rédiger la Loi fondamentale (Basic Law), le texte qui sert de mini-constitution Hong Kong, région semi-autonome de Chine.

L’ancienne députée de l’opposition et avocate, Margaret Ng, 73 ans, a été jugé, comme le magnat des médias Jimmy Lai, actuellement en détention provisoire du fait de poursuites distinctes au nom de la loi sur la sécurité nationale que Pékin a imposée fin juin 2020.

Plusieurs sont des figures de proue du Front civil des droits de l’Homme (CHRF), coalition qui avait organisé les plus grandes manifestations en 2019, quand Hang Kong avait connu sa pire crise politique depuis la rétrocession en 1997, avec des actions et mobilisations quasi quotidiennes.

Quand les prévenus sont entrés le 16 février dans le tribunal d’Hong Kong, plusieurs activistes ont fait le salut à trois doigts, un geste devenu en Asie un symbole de la lutte contre l’autoritarisme.

D’après l’Agence France Presse, Leung Kwok-hung, un militant surnommé « Long Hair », a hurlé « se rassembler n’est pas un crime! A bas les poursuites politiques« . Ce dernier a déjà effectué des séjours en prison pour son engagement, et qui faisait partie des neuf accusés.

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Le groupe risque jusque cinq ans de détention. Les prévenus sont poursuivis pour l’organisation d’un rassemblement non autorisé le 18 août 2019, la deuxième manifestation la plus grande en sept mois de contestation à Hong Kong.

Les organisateurs avaient fait état de 1,7 million de manifestants ce jour-là, ce qui représenterait près du quart de la population de Hong Kong. Ce chiffre n’a pu être vérifié indépendamment. Pendant des heures, un immense cortège avait parcouru les rues du centre de l’île de Hong Kong.

Une des immenses manifestations à Hong Kong contre le projet de loi d’extradition

Au début du procès, qui devrait durer une dizaine de jours, tous les prévenus – sauf deux- ont plaidé non coupables. L’ancien responsable du CHRF, Au Nok-hin, a plaidé coupable d’organisation et de participation à un rassemblement non autorisé.

Le recours à cette qualification est dénoncé depuis des années à Hong Kong par les associations de défense des droits de l’Homme. Le 16 février, les procureurs ont accusé les prévenus d’avoir bravé les instructions de la police en encourageant la foule à manifester, perturbant la circulation dans Hong Kong.

La popularité de la contestation s’était traduite dans les urnes par un triomphe de l’opposition aux élections locales de novembre 2019.

Mais le mouvement avait subi au début 2020 un coup d’arrêt brutal, en raison des restrictions de rassemblement prises contre le coronavirus et des milliers d’arrestations, mais aussi d’une certaine fatigue des manifestants.

A l’exception de l’abandon de la loi controversée sur les extraditions entre Hong Kong et la Chine, qui avait été le déclencheur de la contestation, les manifestants n’avaient rien obtenu.

Et le pouvoir chinois a adopté en juin 2020 une loi sur la sécurité nationale afin de freiner le mouvement de contestation. En effet, aucune manifestation n’est désormais possible à Hong Kong.

De plus, Carrie Lam, cheffe de l’exécutif de Hong Kong a reporté d’un an des élections législatives où l’opposition avait toutes les chances de triompher, en raison de l’épidémie de Covid-19.