Deux avions de combats J-11 auraient franchi la ligne qui sépare la Chine continentale de l’île de Taïwan, violant ainsi un accord de longue date.

Taipei a accusé l’armée de l’air chinoise d’avoir effectué le 31 mars une incursion « provocatrice » en faisant voler dans le Détroit de Taïwan deux avions de combat J-11 qui ont franchi la ligne séparant le continent de l’île.

Le ministère taïwanais de la Défense a indiqué avoir dû faire décoller ses propres avions et diffuser des avertissements après que les deux avions chinois eurent franchi la « ligne médiane ».

Les deux avions chinois « ont violé l’accord tacite de longue date [concernant la « ligne médiane »] en franchissant la ligne médiane dans le Détroit de Taïwan« , a déclaré le ministère sur les réseaux sociaux.

« C’était une action intentionnelle, dangereuse et provocatrice. Nous avons informé nos partenaires régionaux et nous condamnons la Chine pour sa conduite« , a-t-il poursuivi. DE son côté, la dirigeante Tsai Ing-wen a condamné « fermement cette provocation de Beijing ».

Cette dernière a dit entendre « non seulement protester avec force, mais je demande également aux autorités chinoises de ne pas délibérément provoquer d’incident et de ne pas tenter de nuire au statu quo. Je souhaite enfin assurer l’ensemble des taïwanais que nous sommes déterminés à défendre la sécurité et la souveraineté de notre nation, notre mode de vie libre et démocratique et à aller de l’avant pour rendre Taiwan plus fort. Soyez assurés que rien n’affaiblira la détermination et la capacité de l’armée taïwanais à défendre Taïwan ».

La Chine a multiplié ces dernières années le nombre de vols d’avions de combats et augmenté la présence de navires de guerre près de la République de Chine. Ces activités militaires sont perçues comme une démonstration de force dans l’île dans un contexte de forte tension.

Mais le survol de la « ligne médiane » est considérée officieusement comme une frontière. L’intrusion de ces avions apparaît inhabituelle. Selon les médias chinois, des avions chinois n’ont pas franchi cette ligne depuis 2011.

Cet incident d’il y a huit ans avait été décrit par Taipei et Beijing comme une erreur malencontreuse commise par deux avions qui avaient réagi à la présence d’un avion-espion américain.

Mais ce 31 mars, le ministère taïwanais de la Défense a décrit la dernière incursion comme un acte délibéré. Le porte-parole de la présidence Alex Huang a estimé que ces vols portaient atteinte « au statu quo concernant le franchissement du Détroit ».

De son côté, la Chine a récemment dénoncé le passage de navires militaires américains dans le Détroit de Taïwan. Les détroits sont des voies maritimes internationales, or la Chine exprime souvent sa colère lorsqu’un bâtiment américain ou occidental emprunte celui de Taïwan.