Le gouvernement a annoncé son intention d’inscrire les substances liées au fentanyl sur une liste supplémentaire des stupéfiants et des substances psychotropes à usage non médical placés sous contrôle dès le 1er mai.

Le ministère de la Sécurité publique, la Commission nationale de la Santé et l’Administration nationale des produits pharmaceutiques ont indiqué dans un communiqué que « le fentanyl et ses analogues resteront sous contrôle conformément aux règlements concernés ».

Cette annonce est un geste réclamé par les Etats-Unis où cette drogue tue des milliers d’individus chaque année, car 50 fois plus forte que l’héroïne. Ainsi, toutes les questions soulevées par les Etats-Unis « sont résolues », a assuré Liu Yuejin, directeur adjoint de la Commission nationale anti-drogue, lors d’une conférence de presse.

Ce dernier a assuré son entrée en vigueur le 1er mai prochain. « Les Etats-Unis s’inquiètent de toutes les variétés (de fentanyl) et cette question est entièrement résolue », a-t-il ajouté. La Chine est soupçonnée d’être la première source mondiale de cette drogue synthétique.

Le fentanyl est un des éléments du différend commercial entre la Chine et les Etats-Unis. Lors de la dernière rencontre entre les présidents des deux pays en décembre 2018, Xi Jinping avait promis à Donald Trump de mettre cette drogue à l’index.

« Si la Chine s’en prend à cette drogue horrible et applique la peine de mort aux distributeurs et aux revendeurs, les résultats seront sensationnels », a salué Donald Trump.

La substance en elle-même n’est pas forcément illégale, car elle peut être utilisée comme sédatif pour des malades du cancer en grande souffrance. Mais des laboratoires chinois, clandestins ou non, commercialisent globalement le produit.

Cette commercialisation de masse a été possible car le gouvernement chinois sanctionne la production clandestine, en s’attaquant à des formules spécifiques du produit. Il suffit aux laboratoires de modifier légèrement leur composition pour mettre sur le marché un nouveau produit avant qu’il soit interdit à son tour par les autorités.

Liu Yuejin a expliqué que pour lutter contre le trafic une série de mesures a été décidé, telles que l’inspections dans l’industrie chimique et pharmaceutique, la surveillance des informations sur la drogue circulant sur internet, la fermeture des canaux de communication des trafiquants et le renforcement du contrôle des colis en douane.

« Ces mesures devraient avoir un impact important », a indiqué Mike Vigil, ancien responsable à l’international de l’agence américaine anti-drogue, la DEA, à l’Agence France Presse.

« Sans la coopération de la Chine, les Etats-Unis ne parviendront pas à entamer l’épidémie de morts par opiacés« , a-t-il souligné. Il a estimé que la Chine en assurait 85% de la production mondiale.

Même si le gouvernement légifère et renforce la lutte contre le trafic, les producteurs pourraient travailler depuis d’autres pays afin d’arroser le marché américain. « Le gouvernement renforcera sa coopération avec les autres pays, y compris les Etats-Unis, afin de combattre le défi mondial que pose le fentanyl », a promis Liu Yuejin.

Ce dernier a rejeté les accusations américaines quant au rôle de la Chine dans le trafic d’opiacés, les jugeant « sans fondement et contraires à la réalité ». « Si les Etats-Unis veulent vraiment résoudre le problème, ils doivent faire le ménage chez eux », a-t-il plaidé.