mardi, février 6

Dévoiler la vérité : dissiper les mythes clés sur les relations Afrique-Chine.

Peu d’alliances ont suscité autant d’intérêt et de spéculations sur le tissu complexe des relations internationales qu’entre l’Afrique et la Chine.

Les relations entre l’Afrique et la Chine ont fait l’objet de beaucoup d’attention et d’examen minutieux de la part des universitaires, des décideurs politiques et des médias ces dernières années, suscitant de nombreux débats et, malheureusement, renforçant certains mythes persistants. Les mythes et les idées fausses qui ont dominé les récits entourant cette relation dynamique submergent souvent la réalité complexe.

À mesure que les relations entre l’Afrique et la Chine continuent de se développer, la nécessité de distinguer les faits de la fiction et d’acquérir une compréhension approfondie de la complexité impliquée augmente également.

C’est certainement le moment opportun pour aborder ces idées fausses avec un regard perspicace et un point de vue impartial, en mettant en avant des faits inébranlables pour remettre en question les fictions et proclamer les réalités profondes qui éclairent les véritables dynamiques en jeu.

Mythe 1 : L’Afrique est un acteur passif dans la relation

Contrairement à la croyance selon laquelle l’Afrique est un bénéficiaire passif de l’influence chinoise, la réalité est bien plus dynamique. On suppose souvent que les pays africains ont peu de pouvoir ou de contrôle dans leurs interactions avec la Chine et sont simplement des bénéficiaires passifs des investissements et de l’aide chinois.

Toutefois, les dirigeants africains ne sont pas restés de simples spectateurs dans leurs engagements avec la Chine. Au contraire, ils ont habilement utilisé leurs relations avec leurs homologues chinois pour négocier des conditions alignées sur les objectifs de développement de leur pays. Conscients de l’importance stratégique de ces négociations, les dirigeants africains ont cherché à garantir des conditions plus favorables à leurs nations, allant des investissements économiques aux projets de développement d’infrastructures.

Le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) témoigne du rôle actif de l’Afrique dans l’élaboration de ses relations avec la Chine. Le FOCAC sert de plate-forme centrale de dialogue et de coopération, facilitant les discussions sur divers fronts, notamment le développement économique, le commerce et les échanges culturels. Les pays africains participent activement aux réunions du FOCAC, utilisant cette plateforme pour affirmer leurs intérêts et négocier des conditions qui, selon eux, contribueront à la croissance de leur pays.

Mythe 2 : l’intérêt de la Chine pour l’Afrique est purement exploiteur

L’une des idées fausses les plus répandues est que l’engagement de la Chine en Afrique est uniquement motivé par son appétit insatiable pour les ressources naturelles de l’Afrique. Les immenses ressources naturelles du continent sont indéniablement attrayantes pour les entreprises chinoises, tout comme pour celles occidentales comme Shell, ExxonMobil et Glencore, mais cette histoire ne s’arrête pas là.

Au-delà des ressources naturelles, l’intérêt de la Chine s’étend au développement des infrastructures, au commerce, aux investissements et au transfert de technologie, contribuant de manière significative au développement des compétences, à la création d’emplois et aux progrès technologiques dans divers secteurs.

L’Initiative la Ceinture et la Route (BRI), lancée en 2013, témoigne de l’engagement de la Chine en faveur du développement de l’Afrique. En mettant l’accent sur le développement des infrastructures, la BRI cherche à relier l’Afrique, l’Europe et l’Asie aux routes commerciales mondiales.

Les projets de la BRI illustrent la manière dont les initiatives financées par la Chine favorisent la connectivité régionale, facilitant ainsi la coopération commerciale et économique.

Mythe 3 : Diplomatie du piège de la dette – La Chine fait peser une dette insoutenable sur les pays africains (Ghana).

La notion de «diplomatie du piège de la dette» suggère que la Chine impose délibérément une dette excessive aux pays africains, ce qui lui confère une influence indue sur eux, compromettant potentiellement leur souveraineté et leurs perspectives économiques futures. Il est toutefois essentiel de reconnaître que la viabilité de la dette est une responsabilité partagée entre prêteurs et emprunteurs.

S’il est vrai que certains pays africains ont été confrontés à des difficultés de remboursement de leur dette, le problème ne peut pas être attribué uniquement à la Chine. La viabilité de la dette nécessite une prise de décision éclairée, des accords financiers transparents, des emprunts responsables et une utilisation efficace des fonds empruntés.

Les gouvernements africains ont la responsabilité première de gérer leur dette et de veiller à ce que les fonds empruntés soient alloués de manière appropriée. Les pratiques de prêt de la Chine en Afrique sont généralement basées sur des conditions commerciales, souvent avec des taux d’intérêt concessionnels et des périodes de remboursement plus longues que celles des prêteurs occidentaux traditionnels.

De plus, la dette des pays africains envers la Chine représente une part relativement faible de leur dette extérieure globale, et la totalité de la dette africaine ne peut pas être attribuée à la Chine. En outre, de nombreux pays africains disposent de diverses sources d’endettement auprès de divers prêteurs internationaux.

Le cas classique de la dette Ghana-Chine.

Vous avez peut-être lu avec audace dans divers médias que la Chine est la cause de la crise de la dette du Ghana. Quelle ironie. Regardons les chiffres pour vérifier par nous-mêmes. La dette extérieure totale du Ghana s’élève à environ 30 milliards de dollars.

Sur ce montant, seuls 1,9 milliards de dollars sont dus à la Chine, ce qui représente à peine 6% de la dette extérieure totale. Comment cela se traduit-il par le discours selon lequel la Chine est le seul acteur responsable de la récente crise de la dette du pays ? À qui appartiennent les 94% restants de la dette extérieure totale du Ghana ? Certainement pas la Chine.

La Chine n’est donc pas le principal responsable du problème de la dette en Afrique. La politique étrangère chinoise envers l’Afrique recherche la multipolarité, et non la domination ou simplement une aide conditionnelle.

Mythe 4 : Les projets chinois ne tiennent pas compte de la durabilité environnementale

Avant de faire des déclarations définitives sur les projets chinois négligeant la durabilité environnementale, il serait prudent de procéder à un examen approfondi des initiatives menées en Afrique par des entités africaines et des organisations internationales, en évaluant l’impact environnemental de ces projets et en considérant les mesures prises pour répondre à tout problème environnemental. préoccupations. Cela garantira une évaluation réaliste des différents projets avant de tirer des jugements concluants.

De plus en plus, les projets financés par la Chine intègrent des pratiques et des technologies respectueuses de l’environnement, reflétant une prise de conscience croissante de l’importance de la préservation écologique.

Une initiative clé démontrant l’engagement de la Chine en faveur de la protection de l’environnement en Afrique est le Plan de coopération pour la protection de l’environnement de la Route verte de la Soie. Ce cadre met l’accent sur les considérations écologiques et le développement vert, visant à atténuer l’impact environnemental des projets chinois sur le continent. Grâce à ce plan, la Chine cherche à aligner ses activités sur les meilleures pratiques environnementales et à garantir une approche de développement plus durable.

Un aspect notable des efforts de la Chine est l’investissement dans des projets d’énergies renouvelables à travers l’Afrique. L’accent mis sur l’énergie solaire et éolienne signifie un changement stratégique vers des sources d’énergie plus propres et plus durables. En soutenant le développement des infrastructures d’énergies renouvelables, la Chine contribue à la fois à la protection de l’environnement et à la durabilité énergétique à long terme des pays africains.

Mythe 5 : La Chine s’engage dans le néocolonialisme

Le mythe le plus répandu est peut-être l’idée selon laquelle la Chine s’engage dans une nouvelle forme de colonisation de l’Afrique, suggérant qu’elle exerce un contrôle politique et une domination économique sur les pays africains. Cette affirmation est souvent faite en référence aux projets d’investissement de la Chine dans les infrastructures, les ressources naturelles et les accords commerciaux sur le continent.

Il est cependant essentiel de faire la distinction entre néocolonialisme et engagement économique. Contrairement aux puissances coloniales, la Chine n’exerce pas de contrôle politique direct sur les pays africains. Les intérêts économiques et les avantages mutuels, ainsi que les accords mutuels et la coopération, sont les principaux moteurs de ses investissements. Néanmoins, l’Afrique est aujourd’hui fondamentalement différente de l’ère coloniale des siècles précédents, et la Chine ne jouit pas de droits commerciaux exclusifs ou monopolistiques en Afrique.

Ce point de vue néglige l’action des gouvernements africains et leur rôle actif dans la négociation des termes et conditions de leur engagement avec la Chine. Il est essentiel de reconnaître que l’engagement de la Chine repose principalement sur des intérêts économiques et la construction de partenariats, et non sur un contrôle politique ou territorial. Il est donc inexact de qualifier l’engagement de la Chine de néocolonialisme sans tenir compte des complexités de l’action africaine.

Conclusion

En conclusion, démêler les vérités sur les relations Afrique-Chine nécessite une compréhension globale des subtilités en jeu. En déplaçant le discours du sensationnalisme et des stéréotypes vers une analyse plus équilibrée, une image plus claire se dégage.

Les relations Afrique-Chine se caractérisent à la fois par des opportunités et des défis, et une meilleure compréhension est nécessaire pour une prise de décision éclairée et un engagement constructif. En examinant des faits concrets, nous pouvons dissiper les mythes qui ont obscurci le potentiel de transformation et la complexité de ce partenariat en évolution. Grâce à des informations précises, les décideurs politiques et les parties prenantes peuvent naviguer efficacement dans ce partenariat en évolution et promouvoir les meilleurs intérêts de l’Afrique et de ses habitants

Paul Frimpong
Fondateur et directeur exécutif du Centre Afrique-Chine de politique et de conseil.

Mercy Tedeku
Associé de recherche, Centre Afrique-Chine pour les politiques et le conseil

Le Centre Afrique-Chine pour les politiques et le conseil est un groupe de réflexion et une société de conseil sino-africaine en matière de recherche et de politiques, dont le siège est à Accra, au Ghana.  www.africachinacentre.org

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