L’Assemblée nationale populaire a adopté le 16 mars les propositions faites dans le 13e plan quinquennal (2016-2020), dont une part concerne  l’environnement, les ressources naturelles et les écosystèmes. Il s’agit d’objectifs « ambitieux, notamment dans un contexte d’incertitude« , pour certaines institutions.

En juillet 2015, Beijing a posé les jalons de sa nouvelle politique climatique avec :

  • l’établissement en 2017 d’un marché national de carbone ;
  • le cumul de ses émissions de CO² avant 2030, avec l’intention d’y parvenir avant ;
  • l’augmentation de la part des énergies non-fossiles jusqu’à 20% de son mix énergétique global en 2030 ;
  • la réduction de l’intensité en CO2 du PIB chinois PIB de 60-65% en 2030 par rapport à son niveau de 2005 ;
  • le développement de l’économie verte à travers divers projets ;
  • et la création du Fonds chinois de coopération Sud-Sud de 2,7 milliards d’euros pour le climat pour aider les autres pays en développement à combattre le changement climatique.

Des mesures jugées ambitieuses, qui ont été abondé lors des deux sessions gouvernementales de ce mois-ci. Pour Zhou Dadi, l’un des principaux experts de l’énergie en Chine, également Directeur général émérite de l’Energy Research Institute (National Development and Reform Commission), « ce sont des objectifs ambitieux, notamment dans un contexte d’incertitude liée à l’évolution de la conjoncture, à la restructuration économique et à la transition vers un nouveau modèle de croissance ».

chine-pollution-usine-fumeeToutefois, « ces objectifs seront probablement dépassés, car la Chine va mettre en place les politiques nécessaires en matière de prix, de fiscalité et de réglementation de l’énergie« , a indiqué ce dernier.

Lors de la présentation du Rapport d’activité du gouvernement, le Premier ministre Li Keqiang a mit en avant la nécessité de « promouvoir un mode de production et un mode de vie verts et continuer l’amélioration des écosystèmes. Nous devons insister sur un développement favorisant la protection du milieu et sur une protection du milieu qui favorise, à son tour, le développement, de manière à encourager continuellement la civilisation écologique« .

Pour cela, le gouvernement a assuré qu’il poursuivra son plan d’action contre la pollution de l’air, de l’eau et du sol,  « en traçant une ligne rouge à ne pas franchir pour la protection des espaces écologiques, nous ferons avancer les projets écologiques concernant les zones montagneuses, les rivières, les forêts, les champs et les lacs, et nous redoublerons d’efforts pour préserver et régénérer les écosystèmes« .

Le gouvernement a assuré que d’ici 2020, la consommation d’eau, d’énergie et les émissions de CO2 par unité de PIB devront baisser respectivement de 23%, 15% et 18%,  et le taux de couverture forestière du pays devra atteindre 23,04%.

« Il importe d’augmenter considérablement l’efficacité avec laquelle sont exploitées et utilisées l’énergie et les ressources, et d’améliorer globalement la qualité de l’environnement, de sorte que, dans la lutte anti -smog en particulier, des progrès tels soient réalisés que, dans les villes de l’échelon préfectoral et au-dessus, les habitants pourront respirer un air de bonne qualité pendant plus de 80% de l’année. Nous allons continuer à lutter pour édifier une belle Chine au ciel bleu, aux eaux limpides et aux espaces verdoyants« , a indiqué le Premier ministre.

Greenpeace AsiaPour Li Shuo, analyste en chef sur le climat à Greenpeace Asie de l’Est, « le fait que le gouvernement chinois est près à parler d’amélioration de ses plans d’action cela indique qu’il est à élever son jeu. Si cela se traduit par des politiques concrètes, alors la Chine sera en bonne voie pour devenir le leader mondial dans la maîtrise de ses énergies. »

Dans son rapport sur l’exécution du plan de développement économique et social en 2015 et sur le projet de plan pour 2016, le gouvernement a admit que « l’état de l’environnement demeure préoccupant. La pollution atmosphérique s’aggrave, des brouillards de pollution extrêmement denses frappent de temps à autre certaines villes et régions. La qualité des eaux reste médiocre, et la surexploitation des eaux souterraines sévit encore dans certaines régions. La tâche de dépollution des sols dans certaines régions reste ardue. La construction d’infrastructures pour l’environnement traîne toujours ».

Cette prise de conscience, et les mesures annoncées depuis la Conférence internationale sur le climat de Paris en décembre 2015, pourrait « insuffler une nouvelle dynamique dans la politique climatique globale post-Paris » pour Greenpeace Asie de l’est, qui a exhorté « les autres pays à se réunir d’urgence autour de la crise climatique avec des mesures tout aussi ambitieuses« .

D’ailleurs, le gouvernement a annoncé la fermeture d’un millier d’usine de charbon en 2016, un chiffre équivalent au nombre d’usines déjà closes en 2015. En effet, « si le plan mise sur le développement du nucléaire et du gros hydraulique, il met aussi l’accent sur les renouvelables. Les énergies non fossiles sont clairement privilégiées par rapport au charbon, dont la part va continuer à décliner, tandis que celle des renouvelables augmentera« , a indiqué Zhou Dadi.

Parmi les principales mesures engagées, le gouvernement s’est tenu à atteindre :

  • une baisse de 15% de l’intensité énergétique en 2020 par rapport à 2015,
  • une baisse de 18% de l’intensité carbone du PIB en 2020 par rapport à 2015,
  • la mise en place d’un plafond de consommation d’énergie fixé à 5 milliards de tonnes équivalent charbon (TCE)
  • et à arriver à une part des énergies non fossiles dans la consommation totale de 15% en 2020