Le 3ème Sommet mondial des médias (World Media Summit – WMS) s’est clôturé ce lundi 21 mars à Doha, avec pour ambition de « relever les défis de l’ascension des nouveaux médias et de promouvoir l’innovation dans le domaine des médias« .

Lors de la cérémonie d’ouverture, dimanche 20 mars, le Sheikh Hamad bin Thamer Al Thani, président de la direction d’Al Jazeera, organisatrice de l’évènement, avait annoncé que ce 3ème sommet visait à « relever les défis auxquels sont confrontés les médias et les professionnels des médias« .

 Sommet mondial des médias 2016 de Doha

Sommet mondial des médias 2016 de Doha

En effet, Guy Berger, directeur exécutif de la division pour la liberté d’expression au sein de l’UNESCO, a souligné « la nécessité pour les organisations médiatiques à jouer un rôle prépondérant  dans la protection des journalistes et dans le développement de leurs qualifications en matière de sécurité et de protection« , d’après le Centre de Doha pour la liberté de la presse.

Placé sous le thème « L’avenir de la presse et des organismes de presse« , cette rencontre de deux jours a rassemblé près de 350 représentants  et couvert des sujets tels que  l’impact des nouvelles technologies sur le journalisme, les stratégies économiques viables à long terme, la protection des journalistes et l’évolution constante des besoins des publics du monde entier.

Le sommet s’est concentré sur la définition des défis à venir, surtout vis-à-vis des nouvelles technologies de l’information, au moment où les budgets se réduisent, la concurrence est de plus en plus rude et le public a modifié sa consommation de l’information, devenant plus exigeant et sélectif.

Gary Pruittle, directeur général de l’Associated Press a indiqué que « la demande d’informations ne pourra que croître, mais l’offre grandira aussi. Une grande partie de celle-ci ne sera pas de très grande qualité « .

Malgré cette évidence, certains médias dont Le Monde, Associated Press (AP), Los Angeles Times, utilisent les nouvelles technologies comme le directeur général d’AP, Gary Pruittle, qui a expliqué avoir recours a des drones pour recueillir des informations et avoir testé le « journalisme robotique« . une méthode qui permet d’avoir des articles factuels, sans intervention humaine. Toutefois, ce dernier n’est pas certain que cela certifie la qualité des informations.

Gary Pruittle a expliqué qu’il était capital de mutualiser les efforts, car « on ne peut plus y arriver seul. Il faut plus de collaboration ». Une déclaration commune a été publié à la suite de ce sommet, représentant tous les consensus dégagés lors des débats.

Les points principaux sont « la poursuite de la promotion de la coopération des médias » et « la nécessité à faire face aux évolutions rapides des technologies à l’ère de l’information ».

 La déclaration souligne que « faisant face aux évolutions rapides des technologies à l’ère de l’information, nous estimons que nous devons constamment nous adapter aux nouvelles opportunités qui s’offrent à nous ». Selon le document, le World Media Summit  continuera à former les journalistes aux différents aspects de la production de médias, à la sécurité dans les environnements hostiles, et à la sensibilisation aux droits et aux responsabilités des journalistes.

« Nous encourageons les nouvelles organisations à multiplier les échanges entre leurs équipes, à partager les expériences dans le but d’apprendre les uns des autres et d’approfondir notre coopération mutuellement bénéfique« , stipule la déclaration, ajoutant que « le Sommet mondial des médias sera toujours honoré d’accueillir de nouveaux membres, afin de s’assurer qu’il représente de façon appropriée toutes les régions géographiques du monde, et tous les types de médias ».

Initialement proposé par l’agence de presse Xinhua, en 2009, le Sommet mondial des médias vise à « permettre aux grands groupes de médias du monde entier de mieux échanger leurs points de vue sur les défis que constitue l’émergence des nouveaux médias » et de renforcer leur coopération gagnant-gagnant », note l’agence.

Sommet International des Médias, à Beijing, organisé par Xinhua, octobre 2009

Sommet International des Médias, à Beijing, organisé par Xinhua, octobre 2009

Après un premier sommet qui s’est tenu à Beijing, en octobre 2009, réunissant plus de 170 dirigeants de médias venus du monde, un second à Moscou le 5 juillet 2012, en présence de plus de 300 représentants, celui de cette année marque l’évolution de cet évènement qui aura réunit cette-fois plus de 350 représentants venus de plus de 200 pays.

Retrouvez le texte intégral :

Texte intégral de la Déclaration du Sommet international des médias de Doha, publiée par l’agence de presse Xinhua, ce lundi 21 mars 2016.

Déclaration du sommet international des médias de Doha 21 mars 2016

Le Sommet international des médias a tenu sa troisième réunion internationale à Doha au Qatar, les 20 et 21 mars. Plus de 350 représentants de 120 institutions basées dans 100 pays, ainsi que des dirigeants de plusieurs organisations régionales et internationales, ont participé à cet événement accueilli par le réseau de médias Al-Jazira.

Avec pour thème, « L’Avenir des informations et des institutions du secteur de l’information », les discussions ont abordé certaines des questions les plus importantes de notre époque, dont celle de l’impact des nouvelles technologies sur le journalisme, des stratégies économiques viables à long terme, de la protection des journalistes et de l’évolution constante des besoins des publics du monde entier.

Les échanges d’opinions approfondis qui ont constitué ce sommet ont contribué positivement à développer les terrains d’entente entre les médias et journalistes de pays représentant des systèmes et des expériences différents.

Soulignant l’importance et l’urgence de protéger les journalistes, nous appelons la communauté internationale à respecter les droits des journalistes et institutions des médias, et en particulier le droit d’accès à l’information et de diffusion de l’information. L’application de ces droits permettra aux gens d’être conscients des réalités et événements qui affectent leurs vies, et impliqués dans ces réalités et événements.

Considérant que les médias d’information jouent un rôle substantiel dans la formation de l’opinion publique dans toutes les sociétés, ce qui influence les politiques publiques sur des questions majeures importantes pour la vie des gens, nous appelons la communauté internationale à respecter les droits des journalistes et institutions médiatiques pour bénéficier des protections accordées aux civils par le droit humanitaire international dans les zones de conflit armé.

Le secrétariat du Sommet international des médias travaillera avec ses membres et avec les organisations internationales pour étudier des mécanismes susceptibles d’aider à garantir la sécurité des journalistes dans le monde entier.

Le sommet international des médias poursuivra sa mission pour fournir aux journalistes une formation sur les différents aspects de la production des médias, de la sécurité dans les environnements hostiles, et de la sensibilisation aux droits et responsabilités des journalistes.

Face aux changements technologiques rapides caractéristiques de l’Âge de l’Information, nous sommes convaincus que nous devons nous adapter constamment aux nouvelles opportunités qui nous incombent, tout en adhérant fermement aux valeurs fondamentales du journalisme et aux normes éthiques et professionnelles.

Nous encourageons les institutions médiatiques à accroître les échanges entre leurs équipes, et à mettre en commun les expériences en vue d’apprendre les uns des autres et de développer la coopération pour un bénéfice mutuel. À cet égard, le Sommet international des médias sera toujours honoré d’accueillir de nouveaux membres, afin de veiller à représenter correctement toutes les régions géographiques du monde et tous les types de médias.

Dans l’espoir d’encourager la créativité et l’innovation dans le journalisme, le Sommet international des médias continuera de décerner les Prix mondiaux de l’Excellence, et il travaillera à étoffer les catégories de ce prix prestigieux.

Et comme toujours, nous encourageons les institutions médiatiques à intensifier leur coopération avec leurs homologues internationaux, à mener conjointement des campagnes de service au public, et à jouer un rôle toujours plus grand dans le progrès de la compréhension humaine.

Doha, le 21 mars 2016.