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La Chine limite la hausse du prix des carburants dans le pays

La Chine limite la hausse du prix des carburants dans le pays

La hausse entre en vigueur dans la nuit du lundi 23 à mardi 24 mars à minuit heure locale (16h GMT lundi). Les augmentations de l’essence et du gazole seront respectivement de 1160 yuans (146 euros) et de 1115 yuans (140 euros) la tonne, soit environ moitié moins que ce qu’elles auraient dû être en application du mécanisme de fixation des prix en vigueur dans le pays.

La Chine a annoncé limiter les hausses de prix des carburants dans le pays, afin d’alléger la charge pesant sur les chinois, suite à l’envolée des cours du brut avec la guerre au Moyen-Orient. Les prix du pétrole augmentent depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, en raison de la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, point stratégique pour l’approvisionnement mondial en or noir.

Depuis le dernier ajustement des prix en Chine le 9 mars, « les cours mondiaux du pétrole ont fortement augmenté sous l’effet de l’intensification du conflit« , a indiqué le 23 mars, la Commission nationale du développement et de la réforme, principal organisme de planification économique.

La Chine directement touchée par le blocage du détroit d’Ormuz

« Afin d’atténuer l’impact de cette flambée exceptionnelle des prix internationaux, d’alléger la charge pesant sur les utilisateurs en aval, et de garantir la stabilité économique ainsi que le bien-être social, des mesures temporaires de régulation des prix intérieurs des produits pétroliers raffinés ont été mises en place, tout en maintenant le cadre du mécanisme de fixation des prix actuel », a-t-elle souligné.

Les augmentations de l’essence et du gazole seront ainsi respectivement de 1160 yuans (146 euros) et de 1115 yuans (140 euros) la tonne, ce qui représente la moitié de ce qu’elles auraient dû être en application du mécanisme de fixation des prix, a indiqué la commission.

La hausse entre en vigueur dans la nuit du lundi 23 à mardi 24 mars à minuit heure locale (16h GMT lundi). La Chine est directement touchée par le blocage du détroit d’Ormuz, car plus de la moitié de ses importations de brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par le détroit, selon la société d’analyse Kpler.

La Chine suspend ses exportations de carburant pour éviter une pénurie intérieure

Début mars, face à la fermeture du détroit d’Ormuz et aux perturbations majeures sur le marché pétrolier mondial, la Chine a ordonné à ses principaux raffineurs de suspendre immédiatement toutes les exportations de carburant. Cette décision a été annoncée le 5 mars 2026. Elle a pour objectif de préserver l’approvisionnement du marché intérieur chinois dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.

La Commission a convoqué en urgence les dirigeants des grandes compagnies pétrolières du pays : PetroChina, Sinopec, CNOOC, Sinochem Group et le raffineur privé Zhejiang Petrochemical. Ces derniers ont reçu des instructions claires : suspension immédiate des exportations de produits pétroliers raffinés et annulation des contrats de livraison déjà signés.

Cette mesure exceptionnelle intervient après les frappes israéliennes et américaines contre l’Iran, qui ont provoqué la fermeture totale du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, représentait 57% des importations directes de brut de la Chine en 2025.

Les exportations chinoises de carburants raffinés sont un pilier du marché asiatique. Selon les données du secteur pétrolier, les raffineries de Chine devaient exporter environ 3,8 millions de tonnes de carburants en mars 2026. Sur les onze premiers mois de 2025, ces exportations avaient atteint 52,65 millions de tonnes d’essence, de diesel et de kérosène.

Pékin avait pourtant accordé des quotas d’exportation substantiels pour 2026. La première tranche s’élevait à 19 millions de tonnes, dont 13,76 millions attribués aux géants d’État Sinopec et CNPC. Ces autorisations sont désormais gelées, à l’exception du carburant aviation pour les vols internationaux et des livraisons vers Hong Kong et Macao.

Des raffineries chinoises ont déjà réduit leur production face à la raréfaction des approvisionnements en brut. Zhejiang Petrochemical et la raffinerie Sinopec de Fujian ont diminué leur capacité de traitement, une tendance qui pourrait s’accentuer si les perturbations persistent.