Le roman Équation chinoise, de Jean-Luc Buchalet, est le genre de livre qui donne le sentiment d’avoir appris quelque chose et de mieux comprendre le monde qui nous entoure, selon communiqué de presse des Éditions plume libre.

Cet enseignant, auteur de nombreux ouvrages d’économie, choisit cette fois la fiction pour plonger les lecteurs au cœur de l’actualité. Ils entrent de plain-pied dans l’Histoire chinoise, avec un grand H, grâce à des histoires prenantes.

Jean-Luc Buchalet a pris un malin plaisir à créer des personnages attachants, forts, sensibles, inoubliables… mais aussi d’autres moins fréquentables, violents, pervers, manipulateurs. Chacun peut ainsi s’identifier à leur vécu et comprendre, de façon plus sensible, le devenir de la Chine et celui du monde.

Ce dernier est un fin connaisseur de la Chine, il enseigne à la Sorbonne Business School, à l’AgroParisTech et au CNAM. Il est l’auteur de nombreux livres d’économie dont La Chine, une bombe à retardement, lauréat du prix Turgot du meilleur livre d’économie financière en 2013.

L’intrigue forte tient aussi en haleine jusqu’à la dernière page, comme un véritable thriller.

La force de cette « Équation chinoise » réside également en la connaissance intime que Jean-Luc Buchalet a de ce pays, grâce à sa belle-famille qui vit à Shanghai. Au fil des pages, chacun découvre toutes les couches de cette société complexe, du simple mingong jusqu’aux militaires, en passant par les responsables du PCC à Shanghai, dirigeants d’entreprises, médecins, étudiants, minorités religieuses, responsables des médias…

Une véritable immersion afin de capter l’âme chinoise. En filigrane, une question se pose : Taïwan sera-t-elle la nouvelle Ukraine dans les années à venir ? Et Xi Jinping, le nouveau Vladimir Poutine ?

UN ROMAN QUI TRAVERSE LE TEMPS ET QUI PERMET DE CERNER LES ENJEUX DE DEMAIN

« Équation chinoise » donne à voir le passé pour mieux éclairer le présent. Il consacre notamment une partie à l’épopée vietnamienne d’un militaire des forces spéciales françaises, envoyé sur les hauts plateaux de la chaîne annamite pour convertir les tribus montagnardes Hmong à la cause française. Il parle aussi de la reconquête de la colonie de 1945 jusqu’à la chute de Diên Biên Phu en 1954.

Montrer l’influence déterminante des Chinois dans l’histoire, de façon plus accessible grâce au roman, c’est aussi aider à mieux appréhender ce qui se joue autour de nous.

Car la Chine, qui a façonné la région à son image, ne compte pas s’arrêter là avec « ses nouvelles routes de la soie ».

Xi Jinping, le nouvel empereur, a l’intention de prendre le leadership en se substituant aux États-Unis. Il défie l’ordre mondial et l’universalisme de manière répressive. Il est convaincu que son heure a sonné et que l’équilibre des pouvoirs est en train de basculer en sa faveur.

EXTRAITS

« Les appartements des grandes tours sont tous vendus en moins d’un an, à des Hongkongais, à des étrangers d’origine chinoise ou des nouveaux riches des provinces, répondit Brume Matinale, se sentant à nouveau plus à l’aise. Shanghai est la vitrine de la réussite du Parti communiste. La ville attire les populations déshéritées qui proviennent des provinces moins riches et de tous les entrepreneurs à la conquête du monde.

Éric savait que l’injustice était d’autant plus durement ressentie par la population chinoise que la corruption était à la hauteur du dynamisme immobilier.

— Et personne ne réagit ? Pourquoi les gens ne se regroupent-ils pas pour protester ?

— Ce n’est pas si simple, répondit la jeune fille, qui mesura alors à quel point l’étranger ignorait les réalités de son pays.

— Mais pourquoi détruire toutes ces vieilles demeures ?

Brume Matinale hésita avant de répondre : — On appelle cela la réforme. Deng Xiaoping dit : Je traverse la rivière en touchant les pierres. Construire, démolir. Comme s’amuser à ouvrir et fermer une fermeture éclair. »

Cette façon imagée de s’exprimer, sans qu’il en comprenne le sens, amusa Éric. Cette fois, il eut droit à un sourire accompagné d’un regard qui bien vite s’abaissa.

La loi était devenue un pur artifice servant exclusivement l’intérêt des dirigeants chinois. Rares étaient les avocats qui défendaient les droits des délogés, car ils perdaient rapidement leur licence. La capacité pour la société civile et ses avocats aux pieds nus à négocier plus de liberté en s’appuyant sur le droit et la Constitution avait disparu sous le règne de Xi. Les nombreuses arrestations de militants et d’avocats y avaient mis un coup d’arrêt violent. Sous prétexte de faire prévaloir l’utilité publique contre des intérêts privés, les tribunaux déboutaient systématiquement les plaideurs de leurs demandes alors qu’ils ne réclamaient que l’application de la loi.

Les tensions sociales n’avaient pas disparu. Les conflits et manifestations n’étaient plus publiés officiellement.

L’administration était capable d’amortir les chocs grâce à son appareil policier high-tech et à son usage de l’intelligence artificielle dont la Chine était devenue un leader mondial. La société civile survivait malgré une répression sans précédent. Certains de ses membres attendaient que Xi fasse une faute grave, comme par exemple une invasion militaire de Taïwan. »