La Chine compte déjà plus de 3000 espaces dédiés à la réalité virtuelle. Il est prévu d’ici 2021, que le secteur pèse plus de 5,25 milliards de yuans (696.000 euros), soit 13 fois plus qu’en 2016, selon un rapport conjoint des cabinets iResearch et Greenlight Insights (entreprise spécialisée dans la RV).

« Du fait de sa croissance, la Chine pourrait dominer durablement la réalité virtuelle et augmentée d’ici cinq ans… et pas d’un cheveu », avait assuré l’an dernier le cabinet californien Digi-Capital. Selon lui, d’ici 2022, l’Empire du milieu pourrait représenter plus d’un cinquième des dépenses mondiales dans ce secteur.

La croissance fulgurante de la réalité virtuelle dans le pays s’explique par la politique du gouvernement, qui ambitionne de faire du pays un leader des hautes technologies.

L’an dernier, le gouvernement a instauré de nouvelle mesures plus strictes pourlutter contre l’addiction de dizaines de millions de jeunes aux jeux vidéo sur smartphones et contre la hausse de la myopie chez les enfants.

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Beijing a d’ailleurs freiné les ambitions de Tencent, en gelant l’approbation de nouveaux jeux mobiles et contraignant les opérateurs à restreindre le temps de jeu pour leurs jeunes usagers. Cette novelle réglementation a eu un impact sur le secteur.

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Malgré les perspectives prometteuses, les grands acteurs du secteur comme Tencent, Alibaba et Baidu, hésitent à se lancer dans ce secteur, préférant selon les experts investir dans l’application de la réalité virtuelle à l’e-commerce, qui permet à un client de simuler l’essayage un produit avant de l’acheter en ligne.

Ces groupes souhaitent se pencher sur les contenus de divertissement en réalité virtuelle, comme par exemple l’impression d’assister à un concert via des lunettes.

De leur côté, des autorités locales promeuvent de nouveaux usages à ces technologies en essor. Certaines mégapoles soutiennent activement des incubateurs dans ce domaine et intègrent la réalité virtuelle à leurs programmes de recherche et d’éducation.

L’entreprise Seekers VR, qui possède en franchise un réseau de 200 salles d’arcade dans plus de 70 villes du pays, travaille ainsi avec la ville de Wenzhou à la création d’un établissement où des étudiants seront formés à la réalité virtuelle, tout en intégrant cette technologie à leurs cours.

« Ce marché est encore immature, il n’y a pas encore d’acteur dominant. Nous proposerons de plus en plus de débouchés« , a expliqué Belle Chen, PDG de l’entreprise Seekers VR.

« Dans les prochaines années, la réalité virtuelle pourrait bénéficier à plein du déploiement attendu de la 5G, la cinquième génération ultra-rapide de l’internet mobile amenée à révolutionner les communications – mais aussi des secteurs comme l’éducation« , a souligné Chen Wei, gérant de la salle d’arcade shanghaïenne.