Le coursier américain FedEx est montré du doigt par Beijing, après un nouvel incident impliquant le géant chinois des télécoms Huawei.

Les autorités chinoises ont appelé le géant américain, le 24 juin, à s’expliquer après le refus de FedEx d’acheminer aux Etats-Unis un colis contenant un smartphone de la marque chinoise.

Le 21 juin, la revue informatique PC Mag a expliqué s’être fait retourner au Royaume-Uni un colis FedEx contenant un téléphone Huawei qui aurait dû être acheminé aux Etats-Unis.

Ce nouvel incident intervient au moment où le groupe de logistique américain, FedEx, fait l’objet d’une enquête en Chine pour avoir mal acheminé en mai certains colis de Huawei. Cette affaire est au coeur d’un bras de fer entre la Chine et les Etats-Unis, déjà en embourbé dans une guerre commerciale débutée au printemps 2018.

« Ce n’est pas la première fois que FedEx fait une erreur liée à Huawei », a fustigé Geng Shuang, porte-parole du ministère des affaires étrangères. « En tant que multinationale, FedEx doit donner une explication raisonnable au monde et être responsable de ses actes », a-t-il suggéré lors d’un point presse.

Le journaliste de PC Mag a publié sur Twitter une photo du colis en question accompagné d’une étiquette « Colis retourné par FedEx, en raison d’un différend autour de Huawei entre les gouvernements américain et chinois ».

Fin mai, FedEx avait présenté des excuses pour le détournement « erroné » d’un « petit nombre » de colis de Huawei, tout en assurant qu’aucune tierce partie n’avait exigé un transfert de ces colis. Huawei avait annoncé revoir ses liens avec le groupe américain à la suite de cet incident.

La compagnie Huawei a été placé sur liste noire par l’administration Trump, qui soupçonne le numéro deux mondial des smartphones d’espionnage potentiel au profit des autorités chinoises.

De plus, les entreprises américaines ont l’interdiction de vendre de la technologie à Huawei et les administrations de s’équiper avec le géant chinois. Un coup très dur pour le groupe chinois, qui dépend du système d’exploitation de Google, Android, pour ses téléphones portables, ainsi que de puces électroniques « made in USA ».

Le gouvernement chinois a répliqué en mai 2019 en annonçant sa propre liste noire d’entreprises étrangères « non fiables« . Celle-ci est encore en débat. Interrogé sur cette liste noire, et la possibilité de voir FedEx y êttre inscrit, Geng Shuang a indiqué « ne pas être au courant ».