JP Morgan Chase a dû accepté, le 16 novembre, de payer la somme de 264 millions de dollars (248 millions d’euros). La banque d’affaires a embauché près de 200 « fils et filles de » entre 2006 et 2013 à Hong Kong et à New York, afin de décrocher en contrepartie d’importants contrats.

 JP Morgan s’est arrangé avec l’autorité bancaire américaine pour mettre fin aux poursuites engagées contre elle depuis 2013 par les autorités fédérales dans une affaire de corruption. La banque a payé 264 millions de dollars, après trois années d’enquête par la Securities and Exchange Commission (SEC) et le département de la Justice.

250 millions iront aux autorités fédérales et 64 millions de dollars à la Réserve fédérale, d’après une source anonyme interrogée par l’agence Reuters. D’après cette source, il ne devrait pas y avoir de poursuites à titre individuel.

Pour Stephen Vines, chroniqueur du South China Morning Post, pointe du doigt un phénomène récurrent en Asie. En effet, de nombreux enfants de hauts dirigeants et de cadres de parti s’arrangent pour que leurs enfants puissent intégrer ces grandes institutions, en échange de marchés très fructueux.

En effet, les contrats avec les banques et entreprises publiques chinoises pouvaient reporter près de 35 millions de dollars. « Le programme ‘Fils et filles de’ n’était rien d’autre que des pots-de-vin sous une autre appellation », a indiqué la ministre adjointe de la Justice Leslie Caldwell. « Offrir des opportunités d’emploi à des individus non-qualifiés afin d’influencer des responsables gouvernementaux est de la corruption pure et simple », a-t-elle ajouté, dans un communiqué.

Les régulateurs américains ont eu accès à des courriels échangés entre des employés de JPMorgan, troublés par le recrutement en 2007 de Gao Jue, fils du ministre chinois du Commerce qualifié pourtant de « pire candidat ».

Peu compétent, ces employés ont des fonctions très limitées, mais des rémunérations proches des salaires de financier compétent. En juillet 2011, un responsable de JP Morgan a précisé qu’une fille d’officiel chinois ne se chargeait que des photocopies. Un autre, cité par l’AFP, expliquait que malgré l’incompétence d’un héritier chinois, l’importance du contrat potentiel justifie d’accommoder « les souhaits de son père ».

Mais pour Andrew Ceresney, un des responsables de la SEC, « JPMorgan s’est engagée dans un schéma de corruption systématique en recrutant des enfants de responsables gouvernementaux et d’autres personnes bénéficiant d’un traitement privilégié qui n’étaient pas qualifiés pour les postes requis ».

Raison pour laquelle, l’accord financier conclu est le premier dans le cadre de cette vaste enquête de corruption et pourrait servir de modèle aux règlements financiers futurs avec les autres banques impliquées dans ce type de scandale.