La ville de Shenzhen, centre technologique du sud de la Chine, est confinée en raison d’une flambée record des cas de Covid-19, contraignant une usine de fabrication d’iPhones à suspendre ses activités.

Les autorités de Shenzhen ont annoncé le 13 mars l’entrée en vigueur du confinement au moment où apparaissent dans la ville des foyers épidémiques liés au territoire voisin de Hong Kong, où le virus Omicron, variant du Covid-19, fait des ravages.

Le géant taïwanais de l’électronique Foxconn, principal fournisseur d’Apple, a annoncé le 14 mars avoir suspendu ses opérations, en raison de mesures de restrictions liées à l’épidémie de coronavirus.

L’entreprise taïwanaise, qui emploie des dizaines de milliers de travailleurs dans la ville, a indiqué dans un communiqué avoir « ajuster (sa) ligne de production » dans d’autres usines en Chine afin de minimiser l’impact de cette décision sur ses opérations.

Shenzhen est l’une des dix villes de Chine à faire actuellement l’objet d’un confinement. Les autorités sanitaires ont averti que des mesures encore plus strictes pourraient être prises, au moment où la politique de «zéro-Covid» menée par Pékin semble susciter une lassitude au sein de la population, soulevant des interrogations sur son bien-fondé face au variant Omicron.

«Il y a eu de nombreux petits foyers épidémiques dans des quartiers et des usines», a déclaré Huang Qiang, un représentant des autorités de Shenzhen, lors d’un point de presse. «Cela laisse penser qu’il y a un risque élevé de propagation au sein de la population et plus de (mesures) de précaution sont encore nécessaires».

Les investisseurs s’inquiétant de l’impact de la propagation du virus à Shenzhen, où se trouvent les sièges des fleurons technologiques Huawei et Tencent ainsi que la plus grande usine de Foxconn.

A Shanghai, métropole la plus peuplée de Chine, des quartiers résidentiels sont bouclés et les autorités mettent tout en oeuvre pour éviter un confinement général. La situation inquiète les entreprises qui craignent des difficultés économiques à venir.

De son côté, la province de Jilin, dans le nord-est, a enregistré 1.456 cas de Covid-19 transmis localement, le 15 mars. Parmi les nouvelles infections locales signalées le 15 mars, 75 au Shandong, 59 au Guangdong et 51 à Tianjin.

Au moins cinq villes de cette province sont confinées depuis le début du mois de mars, dont le grand centre industriel de Changchun, qui comptabilise neuf millions d’habitants.

Si le nombre de cas demeure faible par rapport à la situation vécue dans d’autres pays, il reste remarquable dans le contexte de la Chine où les autorités n’ont de cesse, depuis 2020, d’appliquer une politique de tolérance zéro face à l’épidémie.

Ces derniers jours, au moins 26 responsables de trois provinces ont été limogés en raison de leur mauvaise gestion de l’épidémie, a indiqué l’agence de presse, Xinhua.

Depuis la découverte de l’épidémie de Covid-19 en décembre 2019 à Wuhan, la Chine est parvenue à contrôler les foyers épidémiques sporadiques au moyen de confinements locaux, de dépistages de masse, d’un contrôle de sa population par l’intermédiaire d’applications de traçage alors que les frontières du pays restent pratiquement fermées.

Mais l’apparition du variant Omicron remet en question cette stratégie, au moment où la plupart des autres pays ont fait le choix de vivre avec le virus. Cependant, le virologue Zhang Wenhong a affirmé que la Chine ne pouvait pas encore assouplir sa politique «zéro-Covid» malgré le faible taux de mortalité lié à Omicron.

«Il est très important pour la Chine de continuer à adopter la stratégie Covid-zéro dans un avenir proche», a écrit ce dernier sur les réseaux sociaux. «Mais cela ne signifie pas que nous allons adopter de manière permanente la stratégie de confinement et de dépistage massif», a-t-il ajouté.