Face au rééquilibrage de son économie, les autorités chinoises ont décidé d’adopter une nouvelle stratégie vis-à-vis du continent africain, afin de trouver de nouveaux axes de développement intérieur, en exportant notamment son savoir-faire.

Afin de conserver son influence en Afrique, la Chine doit également trouver de nouveaux secteurs de coopération, afin de répondre aux attentes des dirigeants africains, désormais sollicités par l’Inde et le Japon.

«La situation internationale actuelle a connu une évolution importante et l’Humanité se trouve à la croisée des chemins. Le renforcement de la solidarité et de la coopération entre la Chine et l’Afrique aidera les deux parties à partager les opportunités, à relever ensemble les défis et à travailler ensemble pour construire une communauté de destin dans le monde», a expliqué Dai Bing, directeur du département des affaires africaines au ministère des affaires étrangères dans une interview accordée à l’agence de presse, Xinhua.

Forum de Coopération Sino-Africain de 2015

Cinq nouveaux axes de développement afro-chinois

Ce dernier a mit en exergue cinq objectifs à atteindre lors du prochain Sommet 2018 du Forum de coopération Afrique-Chine qui aura lieu à Beijing, en septembre.

1/ Créer de nouveaux rapports entre la Chine et l’Afrique

«Le sommet prochain renforcera davantage le consensus stratégique sino-africain, consolidera la base politique de la solidarité et la coopération sino-africaine et donnera davantage d’élan à leur amitié, fournissant ainsi une force motrice puissante aux relations sino-africaines dans la nouvelle ère», d’après Dai Bing.

2/ Réorienter les relations futures

La Chine souhaite construire une «plus étroite communauté de destin sino-africaine» à travers plusieurs programmes de développement, comme l’initiative de la Chine, «La Ceinture et la Route», l’Agenda 2030 du développement durable des Nations Unies, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les stratégies nationales de développement des pays africains.

Selon Dai Bing, le prochain sommet va permettre de planifier le développement des relations sino-africaines dans la nouvelle ère, de consolider la coopération sino-africaine sur la scène internationale, et notamment de pousser la communauté internationale à avoir «une vision plus objective et impartiale du développement des relations sino-africaines».

3/ Améliorer la coopération économique et commerciale entre la Chine et les pays africains.

«La Chine et l’Afrique ont convenu qu’il était nécessaire d’élargir l’éventail de la coopération sino-africaine et d’améliorer sa qualité», a précisé le directeur du département des affaires africaines.

Raison pour laquelle, les représentants chinois et africains présenteront de nouvelles initiatives de coopération. Ce dernier a assuré que «nous nous efforcerons de coordonner efficacement les atouts de l’Afrique en matière de ressources, de démographie et de potentiels de marché avec ceux de la Chine dans le domaine des équipements et de la technologie, restructurant ainsi la coopération sino-africaine».

Celle-ci devrait se caractériser à partir de trois tendances :

  • dynamiser la coopération par le marché et pas seulement les gouvernements,
  • axer davantage sur la coopération en matière de capacités industrielles que sur le commerce
  • pousser les investissements et la gestion de projets plutôt que la construction d’infrastructures afin de «parvenir à un développement meilleur et plus rapide de l’Afrique»

4/ Aider la coopération sino-africaine à parvenir à un développement plus coordonné et plus équilibré

Mettant l’accent sur leur partenariat stratégique global, la Chine et l’Afrique devraient s’efforcer à renforcer la coopération dans des secteurs tels que la réduction de la pauvreté, les échanges entre peuples, la paix et la sécurité ou encore la protection de l’environnement, créant ainsi de nouveaux axes de coopération bilatérale.

Plus de réflexion, mois de signature de contrat

Lors du prochain sommet du FOCAC, plus de dix tables rondes seront proposés dont les thèmes sont la jeunesse, la coopération entre les gouvernements locaux, la société civile, la réduction de la pauvreté, la coopération entre les think-tanks, les médias, la défense et la sécurité, ainsi que la santé.

Dai Bing a espéré que le sommet «favorisera la coopération Sud-Sud, exprimant, de la part de la Chine, de l’Afrique et des pays en développement dans leur ensemble, une volonté de poursuivre la paix, la coopération et le développement, qui constituent les tendances majeures de notre ère».

D’ailleurs, pour le Ministre tchadien des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale, Chérif Mahamat Zène, la coopération entre la Chine et l’Afrique est mutuellement avantageuse et bénéfique pour la croissance économique du continent.

«Au-delà des investissements divers et des échanges commerciaux, les pays africains tirent particulièrement profit de la présence des entreprises chinoises, notamment la création d’emplois et formation des jeunes, les transferts de technologie et le développement des infrastructures» a-t-il expliqué à l’agence Anadolu.

Ce dernier a estimé que la coopération économique entre l’Afrique et la Chine se renforcera davantage parce que les africains voient en la Chine un modèle de développement socio-économique.