Fonction du Zen dans le renforcement des mouvements du Taïchi

par | Avr 23, 2017 | Coin des Idées, CULTURE, Liu Yunsheng, OPINIONS, Tribunes

Liu Yunsheng en plein TAICHI lombaire au pinceau à « la pratique d’une défense du yin aux bras à l’appui du yang à lombaire »

Liu Yunsheng, professeur et directeur de l’Institut Confucius d’Abidjan, présente une analyse du Kung-fu philosophique à travers le Dao De Jing de Lao Tseu (Le livre de la raison et condition de son existence)

Du Taïchi au Confucianisme, en passant par le Taoïsme, tous partagent la même philosophie. Le Taïchi est sans aucun doute une pratique philosophique, sous forme de mouvement, prenant corps dans la Médecine Traditionnelle Chinoise, sous l’intitulé, Médecine Philosophique.

Le Taichi prend le yang (le lombaire, associé au dos, aux jambes et aux pieds) comme source de force, considère le yin (les bras) comme véhicule de transformation de la force. C’est tout à fait conforme la notion du Lao Tseu « convaincre ce qui est fort (yang)  à l’aide de la souplesse (yin) ».

Un stage de Taïchi au sein de l’Institut Confucius d’Abidjan à la pleine nature

Lao Tseu insiste sur le fait que la force naturelle domine le monde, toute intervention de l’Homme agit effectivement sur la raison du monde.

Il « prend le Yin aux bras et garde le Yang au dos » et permettant de rendre les bras souples et flexibles dans les mouvements de Taïchi. Il s’agit de renforcer l’énergie vitale au niveau des bras à l’aide de l’énergie lombaire, afin retrouver un parfait équilibre entre le yin et le yang pendant le mouvement. Un art martial tout à fait énergétique, différent des karatés musclés.

Le yang est à l’appuie de lombaire, l’origine de la force énergétique; tandis que le yin forme les mouvements du Taichi de caractère souple pour convaincre au moment voulu. Souple afin de réaliser une attaque renforcée à l’idée de « remporte l’adversaire fort par moyen faible et souple ».

« Celui qui dispose d’une priorité de la souplesse remportera » le combat. Le Taïchi vise à disloquer et détraquer les mouvements de l’adversaire par des gestes doux, souples et subtiles.

« La quiétude triomphe toujours de l’inquiétude ».

Lao Tseu a tout expliqué dans son œuvre : Dao De Jing. Ainsi ses citations,  « l’eau qui coule a toujours le dessus. Elle suit l’enjeu et sera récompensée » ou « reculer pour mieux sauter »,  parlent d’elles-mêmes. Les mouvements « s’arrêtent toujours au point à bon escient » pour rendre la force énergique souple, flexible et forte, contrairement à un coup direct. Une force renforcée à l’aide du soutien lombaire à la dernière minute. Enfin éclairé par le Tao (la raison naturelle), le Taïchi possède une forme de souplesse dans un bon sens, nourri du De (condition inclusive), il prend le monde en son sein afin de pouvoir le maîtriser.

Les étudiants de l’Institut Confucius d’Abidjan en plein entraînement en pleine nature

Le Tao (de la raison exprimé par les philosophes des Lumières en France) « reste toujours indéfini ». « Le Yin et le Yang s’opposent et restent complémentaire en une mutation de mouvement sans arrêt ». Le Taïchi considère la nature du changement du monde comme une défense effective.

C’est dans le Zen que le Taïchi arrive à reprendre sa place, et à gagner en souplesse. Le Taïchi se trouve dans le Tao, il est sûrement éclairé par le livre de Lao Tseu. C’est une preuve du mouvement philosophique. Il renforce également la circulation du sang dans le corps à travers l’accord du mouvement et de la respiration, tout en préservant la santé. Il nourrit également l’esprit, via la pratique au Zen.

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