Taïwan a retiré sept membres de sa représentation commerciale à Hong Kong. Ces derniers ont quitté le 20 juin le centre financier à la suite d’un ultimatum des autorités de Hong Kong, qui ont demandé à ces employés de reconnaître la souveraineté de la Chine sur l’île.

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Cette mesure intervient après la suspension temporaire par Hong Kong et Macao des activités de leur bureau de représentation à Taïwan. En effet, Macao a annoncé le 16 juin la «suspension» temporaire des activités de son bureau de représentation à Taïwan.

Dans un bref communiqué, Macao a annoncé que sa délégation économique et culturelle à Taïwan suspendrait ses activités à compter du 19 juin. En réponse, le Conseil des affaires continentales de Taïwan, qui s’occupe des relations avec la Chine, a fait part de son «profond regret», faisant savoir que son bureau commercial à Macao demeurerait ouvert.

Le gouvernement de Macao n’a apporté aucune explication à cette décision, mais les termes utilisés sont similaires à ceux employés mi-mai par Hong Kong.

La position officielle des autorités de Hong Kong et Macao vis-à-vis de Taïwan est la même que celle de la Chine continentale, qui considère Taiwan comme une province rebelle destinée à revenir dans son giron.

D’ailleurs, le Conseil des affaires continentales de Taïwan a affirmé que le gouvernement de Hong Kong a exigé que son personnel signe un document dans lequel ils s’engagent « en faveur d’une seule Chine ». 

« La Chine et le gouvernement de Hong Kong se servent de la ‘promesse d’une seule Chine’ pour affecter la rotation du personnel et le fonctionnement normal de notre bureau à Hong Kong« , a déclaré le Conseil des affaires continentales de Taïwan dans un communiqué.

« Nous rejetons fermement la répression politique irrationnelle qui consiste à forcer notre personnel à signer l’engagement en faveur d’une seule Chine, et nous condamnons (cette mesure) des autorités chinoises et de Hong Kong ». 

Sept membres du personnel ont quitté Hong Kong par avion le 20 juin, a déclaré le chef adjoint de ce Conseil, Chiu Chui-cheng. Un seul employé taïwanais demeure dans le bureau, mais son visa expire le mois prochain et ceux qui resteront seront des employés locaux.

Selon Chiu Chui-cheng, la demande de Hong Kong compromet l’engagement de la ville à ne pas « interférer dans les affaires de Hong Kong, ni faire ou dire quoi que ce soit qui porte atteinte à la stabilité et à la prospérité de Hong Kong ou qui embarrasse le gouvernement de Hong Kong ». 

D’ailleurs, mi-mai, Hong Kong avait annoncé la « suspension » temporaire des activités de son bureau de représentation à Taïwan, pour des raisons politiques, accusant Taipei d' »ingérence excessive » dans ses affaires et d’être « responsable de dommages irréparables » dans leurs relations.

Macao a annoncé la semaine dernière une décision similaire sans apporter d’explication. Or Taïwan reste un important partenaire commercial, et les bureaux de représentation avaient été créés à une période où les relations étaient moins tendues. Mais les relations entre Taïwan et la Chine continentale, depuis l’arrivée au pouvoir en 2016 de la dirigeante taïwanaise Tsai Ing-wen, issue d’un parti traditionnellement hostile à la Chine, se sont envenimées.

Hong Kong a été en 2019 le théâtre d’une immense mobilisation populaire pendant plusieurs mois, afin de demander le suffrage universel direct et dénoncer les ingérences de la Chine dans les affaires du territoire censé posséder une totale autonomie.