Entre sept mois et trois ans de prison ont été évoqué par la justice chinoise, le 30 décembre contre les 10 hongkongais, qui avaient tenté de fuir Hong Kong en bateau. Certains experts estiment que cette condamnation est plutôt clémente.

Ces militants pro-démocratie avaient quitté ce Hong Kong après l’adoption par la Chine en juin d’une loi draconienne sur la sécurité nationale à Hong Kong. Ils voulaient se réfugier à Taïwan, mais avaient été arrêtés en mer le 23 août par la police maritime chinoise à 70 km des côtes hongkongaises.

Ils ont par la suite été placés en détention à Shenzhen (sud) en Chine continentale. Leur procès s’est déroulé le 28 décembre.

Plusieurs pays occidentaux ont appelé à la libération des « 12 de Hong Kong« , les considérant comme les victimes d’une «tyrannie» mise en place par la Chine à Hong Kong, comme l’ont assuré les États-Unis. Washington avait exigé leur libération immédiate. L’Union européenne exigeait «leur retour rapide» sur le sol hongkongais.

Deux des Hongkongais se sont vu infliger respectivement trois et deux ans de prison en raison de leur rôle d’«organisateur dans ce passage illégal de frontière», a annoncé le tribunal du district de Yantian à Shenzhen, où ils étaient jugés. Ils encouraient jusqu’à sept ans de détention.

Huit autres passagers ont été condamnés à sept mois de prison pour «passage illégal de frontière», alors que la peine maximale prévue est d’un an. Ces derniers devraient sortir de prison dans trois mois, si la justice chinois prend en compte le temps qu’ils ont passé en détention préventive.

Ces 10 adultes ont «reconnu leur culpabilité» au cours du procès, a assuré le tribunal, raison pour laquelle ils sont écopé de peine légère. La justice leur reprochait le passage sans permis spécial de Hong Kong à la Chine continentale, car le fait de ne pas être entré par un poste-frontière réglementaire.

Les deux mineurs de 17 et 18 ans qui étaient également à bord de l’embarcation ont été remis aux autorités de Hong Kong, le 30 décembre. Aucune charge n’a été retenue contre eux pour la fuite en bateau. La justice estime qu’ils avaient eux aussi reconnu leur culpabilité, ils restent donc poursuivis à Hong Kong pour tentative d’incendie volontaire.

Conformément aux habitudes d’une justice chinoise opaque et politisée, le procès des 10 Hongkongais n’était pas ouvert à la presse étrangère. Et les familles n’ont été informées de la date de l’audience que trois jours à l’avance. Par ailleurs, les avocats choisis par les proches des détenus n’ont pas pu rencontrer les accusés, la Chine leur ayant désigné des avocats commis d’office.

L’ONG britannique, Amnesty International a déclaré que «les autorités chinoises ont une fois de plus montré au monde que les militants politiques ne peuvent bénéficier d’un procès équitable». De son côté, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin a indiqué que « les lois doivent être appliquées et les contrevenants doivent répondre de leurs actes ».