En 2019, les dépenses de R&D (recherche et développement) de la Chine ont atteint 2210 milliards de yuans (290 mds €), dépassant ainsi celles du niveau moyen de l’Union européenne.

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Le ministère chinois de la Science et de la Technologie a promis une fois de plus d’examiner attentivement la manière dont le travail des chercheurs est évalué, en veillant à ce que l’accent soit mis sur la recherche qui « réalise des performances réelles » plutôt que sur le simple comptage du nombre de publications.

La rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine ne devrait pas s’arrêter de sitôt, car la Chine devrait donc continuer à doubler ses efforts pour rattraper son retard technologique.

D’ailleurs,

  • la Chine se classe au premier rang mondial en ce qui concerne le nombre de brevets d’invention nationaux délivrés au cours de ces dernières années consécutives.
  • la Chine se classe 14ème dans le Global Innovation Index 2020 publié par l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle (OMPI) et d’autres organisations.
  • la Chine est entrée dans le rang des pays innovants avec 17 des pôles scientifiques et technologiques chinois figurant parmi les 100 premiers du monde, juste derrière les États-Unis.

Le ministère chinois de la Science et de la Technologie a récemment promis d’examiner la manière dont le travail des chercheurs est évalué, en veillant à ce que l’accent soit mis sur la recherche qui « réalise des performances réelles » plutôt que sur le simple comptage du nombre de publications.

La Chine tient ainsi à combler le fossé scientifique entre elle et les États-Unis et à réduire sa dépendance à l’égard de la technologie importée. Les mesures de révision de l’évaluation des chercheurs ont débuté en 2018 dans le but de rompre avec l’état d’esprit de la rédaction de «papier uniquement» et les objectifs d’obtenir uniquement des titres universitaires, des diplômes et des récompenses.

L’intérêt pour la Chine aujourd’hui est le qualitatif et non plus le quantitatif. Zhang Yewen, professeur de génie électrique à l’Université de Tongji à Shanghai, a déclaré que bien que des progrès aient été réalisés, des récompenses sont encore attribuées à certains scientifiques simplement pour avoir publier dans des revues influentes.

Ce dernier a indiqué que cela nécessitait une réforme plus profonde, reconnaissant cependant que le système actuel ne peut être complètement arrêté. « Si vous ne faites référence à aucun des quatre critères, y compris dans quel journal une personne est publiée, comment pouvez-vous évaluer son travail », a indiqué Zhang Yewen. « Ces évaluations ne peuvent être faites que dans un très petit cercle scientifique et le public ne sait peut-être pas comment nous le faisons ».

En pleine guerre technologique et commerciale avec les Etats-Unis, la Chine recherche une plus grande autosuffisance dans certaines technologies de base, telles que les semi-conducteurs et un leadership dans des domaines émergents comme l’intelligence artificielle et les réseaux mobiles de nouvelle génération.

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La Chine veut éviter de « se faire étrangler » technologiquement, a déclaré Bai Chunli, président de l’Académie chinoise des sciences (CAS) au début du mois. D’ailleurs, le président chinois Xi Jinping a appelé à de nombreuses reprises à une plus grande autosuffisance dans les technologies de base.

« Au milieu d’une concurrence internationale féroce, de l’unilatéralisme et du protectionnisme, nous devons trouver notre propre façon de nous moderniser, de devenir plus innovants et de faire plus de percées à partir de rien », a-t-il déclaré lors d’un forum scientifique en septembre par l’agence de presse officielle Xinhua.

Les dépenses de la Chine en R&D ont battu un record en 2019, atteignant 2,2 billions de yuans (290 milliards d’euros), selon les données publiées en septembre par trois agences gouvernementales chinoises, couvrant les secteurs privé et public. Cela représentait 2,23% du PIB de la Chine – un autre record.

Mais même si la Chine rattrape les États-Unis en termes de dépense en R&D – et bénéficie de certains avantages tels qu’une main-d’œuvre relativement bon marché et une planification collective à long terme – le découplage économique évoqué par Donald Trump pourrait mettre en évidence ses points faibles, selon certains analystes.

« Les avantages de la Chine dans le développement des sciences et technologie résident dans le fait d’avoir des coûts de main-d’œuvre relativement bas, y compris la culture des talents, et une force collective », a déclaré Cao Cong, un expert en politique scientifique sur le campus de Ningbo de l’Université de Nottingham en Chine.