Le ministère chinois des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Japon à Pékin pour une « réunion d’urgence » le 1er décembre dans la soirée. Cette convocation intervient après que l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré que ni son pays ni les Etats-Unis ne pourraient rester sans réagir si la Chine attaquait Taïwan.

Lors d’une conférence virtuelle, organisée par un groupe de réflexion taïwanais le 1er décembre, l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré qu‘«une urgence à Taïwan est une urgence japonaise, et donc une urgence pour l’alliance Japon-Etats-Unis».

Pour le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, « au mépris total des normes fondamentales régissant les relations internationales et des principes énoncés dans les quatre documents politiques entre la Chine et le Japon, l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe a proféré de manière flagrante des inepties et des critiques injustifiées sur la question de Taïwan, et a fait des remarques présomptueuses sur les affaires intérieures de la Chine. La Chine déplore et rejette cela et a déposé des représentations sévères auprès de la partie japonaise par la voie diplomatique ».

« Taïwan est le territoire sacré de la Chine, où aucune ingérence extérieure ne sera tolérée. Au cours de sa domination coloniale sur Taïwan pendant un demi-siècle, le Japon a commis d’innombrables crimes, pour lesquels il a de graves responsabilités historiques envers le peuple chinois », a indiqué ce dernier.

« Personne ne devrait sous-estimer la ferme détermination, la forte volonté et la grande capacité du peuple chinois de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. Quiconque osera poursuivre la vieille voie du militarisme et défier la ligne rouge du peuple chinois se verra infliger une défaite écrasante ! », a assuré Wang Wenbin.

Pour la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères, Hua Chunying, les remarques de Shinzo Abe sont « erronées et ont violé les normes fondamentales des relations entre la Chine et le Japon », selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

Les commentaires de Shinzo Abe « remettent ouvertement en cause la souveraineté de la Chine et apportent un soutien éhonté aux forces indépendantistes de Taïwan », a déclaré Hua Chunying. « La Chine s’y oppose résolument », était-il indiqué dans le communiqué.

Le secrétaire général du gouvernement japonais, Hirokazu Matsuno, a indiqué que Tokyo désapprouvait la réaction de Pékin, assurant que l’exécutif japonais n’étant pas en mesure de commenter les remarques faites par une personne ne faisant pas partie du gouvernement.

« L’ambassadeur Tarumi a déclaré qu’il était nécessaire que la Chine comprenne que certains japonais ont de telles opinions et que le Japon ne peut pas accepter les points de vue unilatéraux de la Chine sur ces questions », a-t-il déclaré.

Shinzo Abe, qui a quitté son poste de Premier ministre l’année dernière, est à la tête de la plus grande faction du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir et reste influent au sein du parti.

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Pour le porte-parole du Bureau chinois des affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat, Shinzo Abe « a ignoré les faits et a confondu le vrai et le faux, et a tenté de contester le résultat de la guerre antifasciste mondiale et l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale ».

Ma Xiaoguang a indiqué lors d’une conférence de presse que concernant la question de Taiwan, Shinzo Abe « a prôné l’endiguement de la Chine et a suscité l’indépendance de Taiwan, ce qui reflète sa position erronée sur les questions historiques et liées à Taiwan ». Ce dernier a ajouté que « la communauté internationale devrait être en alerte sur la question ».

Le porte-parole a exhorté le Japon « à adhérer au principe d’une seule Chine et à l’esprit des quatre documents politiques entre la Chine et le Japon, et à maintenir son engagement solennel avec la partie chinoise sur la question de Taiwan. »

Il a exhorté certains individus au Japon à réfléchir profondément à l’histoire, à corriger leurs erreurs immédiatement, à cesser de prendre de nouvelles mauvaises actions sur la question de Taiwan et à cesser d’envoyer des signaux erronés aux forces de l’« indépendance de Taiwan ».

Ma Xiaoguang a également mis en garde l’autorité du Parti démocrate progressiste de Taiwan contre les tentatives dangereuses de collusion avec des forces extérieures pour rechercher « l’indépendance de Taiwan », qui sont vouées à être déjouées.