La contribution nationale de la Chine reprend les principaux engagements du président chinois, Xi Jinping, visant à atteindre un pic d’émissions avant 2030 et la neutralité carbone avant 2060.

Les deux documents, intitulés « Réalisations, nouveaux objectifs et nouvelles mesures de la Chine pour les contributions déterminées au niveau national » et « Stratégie de développement à long terme à faible émission de gaz à effet de serre de la Chine d’ici le milieu du siècle » ont été remis, selon le ministère.

« Il s’agit d’une action concrète de la Chine dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris, et cela reflète la détermination et les efforts du pays pour promouvoir un développement écologique et à faible émission de carbone et lutter contre les changements climatiques mondiaux », a déclaré le ministère chinois de l’Ecologie et de l’Environnement.

Selon le ministère, le document sur les réalisations, les nouveaux objectifs et les nouvelles mesures de la Chine pour les CDN résume les politiques, les mesures et les résultats de la Chine dans la mise en œuvre de ses CDN depuis 2015, ainsi que les politiques et les mesures clés pour ses nouveaux objectifs.

La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES), a présenté ses engagement, le 28 octobre, trois jours seulement avant l’ouverture de la 26e Conférence des parties (COP26), cruciale pour lutter contre le réchauffement climatique.

La Chine a officiellement détaillé ses nouveaux engagements pour la planète, qui sont très attendus par certaines ONG et nations occidentales, qui n’ont pourtant pas tenu leurs engagements pris lors de l’Accord de Paris.

Cette nouvelle contribution est déclinée au niveau national (NDC). D’ailleurs, Pékin reprend les principaux engagements déjà formulés par le président chinois, Xi Jinping : atteindre son pic d’émissions «avant 2030» et la neutralité carbone «avant 2060».

Ces engagements mis en ligne sur le site de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) prévoient également la réduction de l’intensité carbone (émissions de CO2 rapportées au produit intérieur brut) de plus de 65 % par rapport à 2005.

Mais alors que, dans sa précédente déclinaison au niveau national, la Chine s’engageait à réduire son intensité carbone d’entre 60% et 65% d’ici à 2030 et à atteindre son pic d’émissions «autour de 2030», ces nouvelles ambitions renforcées n’ont pas convaincu tous les observateurs.

Selon l’accord de Paris, signé en 2015 et qui affiche l’ambition de contenir le réchauffement climatique nettement sous la barre des + 2 degrés et si possible + 1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle, les pays signataires doivent déposer tous les cinq ans une déclination au niveau national révisée à la hausse.

La nouvelle contribution de la Chine était donc très attendue avant la 26e Conférence des parties des Nations unies sur les changements climatiques (COP26), prévue du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow, en Ecosse. Il s’agit de la première du genre depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris.

D’autant que l’Organisation des Nations unies a affirmé, que les nouveaux engagements pour le climat engrangés ces dernières semaines entraînaient toujours le monde vers un réchauffement «catastrophique» de + 2,7 degrés.

Dans sa contribution, Pékin rappelle que les pays développés doivent «assumer leurs responsabilités historiques et continuer à prendre résolument la tête en matière de réduction d’émissions».

La Chine s’engage également à augmenter la part des combustibles non fossiles à 25 % dans sa consommation, contre 20 % dans sa précédente NDC, notamment avec l’augmentation de «sa capacité installée d’énergie solaire et éolienne à 1,2 milliard de killowatts d’ici à 2030» et à augmenter son «stock» forestier de 6 milliards de mètres cubes par rapport à 2005.

Pour certains observateurs, la nouvelle contribution de Pékin n’est pas assez ambitieuse. «Elle jette une ombre sur l’effort climatique mondial. Au vu des incertitudes économiques internes, le pays semble hésiter à embrasser des objectifs de court terme plus forts et a manqué l’occasion de faire preuve d’ambition. Le monde ne peut se permettre que ce soit son dernier mot et Pékin doit élaborer des plans de mise en œuvre assurant un pic d’émissions avant 2025», a écrit Li Shuo, de Greenpeace Chine, sur Twitter.

Pour Lauri Myllyvirta, analyste du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA), la nouvelle déclinaison au niveau national de la Chine confirme les engagements du président Xi Jinping, mais «n’éclaire pas quelle sera la trajectoire de la décennie à venir en matière d’émissions».

Pour Helen Mountford, vice-présidente du World Resources Institute, y voit une «modeste amélioration». Selon elle, «si le monde doit avoir une chance de s’attaquer à la crise climatique, la Chine, comme les autres grands émetteurs, doit passer de la politique des petits pas aux bonds de géant».

La secrétaire exécutive de la CNUCCC, Patricia Espinosa, lors d’un point de presse en ligne, n’a pas commenté la déclinaison au niveau national de la Chine, expliquant qu’elle n’avait pas eu le temps de l’étudier en détail. Elle a toutefois considéré qu’il était «clair, depuis quelque temps», que la Chine entendait «traduire dans sa NDC les annonces politiques» du président Xi Jinping.

Cette dernière a estimé qu’il fallait désormais œuvrer à atteindre son objectif de neutralité carbone «le plus vite possible» et dire à la Chine, «comme aux autres pays, ‘tout ça est très bien, mais comment allez vous faire exactement?’». Selon elle, il faut encourager les pays à «constamment réviser leur NDC» à la hausse, ajoute-t-elle.