La Chine a appelé à la reprise du dialogue avec les États-Unis, afin de parvenir à «une transition en douceur» avec la future administration de Joe Biden, un mois tout juste après l’annonce de sa victoire électorale.

En Chine, la victoire de Joe Biden a paru déstabilisé les responsables politiques, selon certains observateurs. Raison pour laquelle, le gouvernement chinois et le président Xi Jinping ont attendu plusieurs jours avant de féliciter le candidat démocrate.

Dans le même temps, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré lors d’une visioconférence à des hommes d’affaires américains réunis au sein du US-China Business Council, que « des efforts conjoints de la part de la Chine et des Etats-Unis pour assurer une transition stable des relations sino-américaines contre les perturbations de toutes sortes ».

«Nous devons nous efforcer de relancer le dialogue, de retourner sur la bonne voie et de rebâtir la confiance», a-t-il ajouté, selon des propos diffusés sur le site de son ministère. D’après l’agence de presse, Xinhua, Wang Yi a avancé cinq propositions pour promouvoir « le développement sain et stable des relations sino-américaines » :

– les Etats-Unis doivent percevoir la Chine d’une manière stratégiquement correcte.
– les deux pays doivent organiser des communications et des dialogues à tous les échelons.
– les deux pays devraient élargir leur coopération mutuellement bénéfique.
– les deux parties devraient gérer leurs différends et divergences, dans le respect mutuel de l’héritage historique et culturel, dans ses intérêts fondamentaux et préoccupations majeures
– la Chine a proposé d’augmenter le soutien public aux relations bilatérales, exhortant les deux pays à renforcer leurs échanges dans des domaines tels que les corps législatifs, les affaires, les médias et la jeunesse.

Dans un contexte de guerre commerciale et technologique, les relations sino-américaines sont tombées sous la présidence d Donald Trump à leur plus bas niveau depuis l’établissement des liens diplomatiques entre les deux pays en 1979.

La situation est tel que Wang Yi a évoqué au printemps dernier le spectre d’une «Guerre froide» entre les deux premières puissances économiques mondiales. Washington a notamment accusé la Chine d’être responsable de la pandémie de Covid-19 et de réprimer les libertés à Hong Kong et au Xinjiang.

Toutefois, la Chine peut s’attendre à une fermeté accrue du président démocrate, qui prendra ses fonctions fin janvier, en matière de droits de l’Homme. En ce qui concerne le commerce, Joe Biden a averti qu’il entendait conserver les droits de douane punitifs imposés par Donald Trump, à partir de 2018, sur les produits chinois.