Les Etats-Unis ont annoncé des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l’électronique, la China National Electronics Import and Export Corporation, pour avoir aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir en place sur internet.

Le Trésor américain a annoncé le gel d’éventuels avoirs aux Etats-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d’État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent également l’accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l’entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l’opposition Juan Guaido. Ce dernier est reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

D’après le Trésor américain, la société chinoise offre une « version commerciale du « Great Firewall de Pékin » :  jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall). Il s’agit d’un filtre installé par les autorités chinoises, afin d’éviter tout accès depuis la Chine à des informations qu’il juge politiquement sensibles.

« Les Etats-Unis n’hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d’autres à travers le monde », a prévenu le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela, et notamment du président Nicolas Maduro, résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

En réaction à cette décision, la porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, a dénoncé « un prétexte [des Etats-Unis] pour s’en prendre à ces entreprises vénézuélienne et chinoise » et menacé de représailles.

Le gouvernement vénézuélien, de son côté, a dénoncé dans un communiqué les « actions illégales du gouvernement des Etats-Unis » qui chercherait à « déstabiliser » le pays. Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC « soutient les actions malveillantes du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017 ».