La population de la Chine a continué à croître en 2020, a déclaré le Bureau d’Etat des statistiques (BES). Des données spécifiques seront publiées dans le bulletin du 7e recensement national de la population, a indiqué le BES dans un communiqué sur son site web.

Le BES a répondu aux articles de presses évoquant une baisse pour la première fois depuis cinq décennies en Chine.

Dans son édition du 27 avril, le Financial Times a annoncé que la population de la Chine était passée sous la barre des 1,4 milliard l’an dernier par rapport à 2019, citant des sources proches du dossier.

«A notre connaissance, en 2020, notre population a continué de croître», a déclaré le BES dans un bref communiqué, ajoutant que les données détaillées seraient dévoilées lorsque les résultats du recensement décennal seraient publiés.

La Chine, qui fait face à un vieillissement accéléré de sa population, est confrontée à une baisse de son taux de natalité. L’an dernier, le nombre des naissances a reculé de 15% à 10,035 millions par rapport à 2019, a annoncé le ministère de la Sécurité publique.

De son côté, la Banque populaire de Chine a estimé que la population active diminuera de 0,5%  jusqu’en 2025. En 2050, à scénario identique, la population active aura diminué de plus de 15%.

Selon la banque, la Chine devrait investir davantage dans les zones en développement du centre et de l’ouest du pays. Le pays devrait également investir plus d’argent dans les pays en développement pour bénéficier de leur main-d’œuvre. En outre, le système de retraite chinois devrait être réformé, et la politique de natalité abandonnée.

Le BES n’a pas précisé si la croissance de la population de la Chine avait été mesurée par rapport à 2019 ou par rapport à 2010, ce qui signifie que la population aurait pu croître par rapport à la décennie précédente tout en reculant par rapport à l’an dernier.

Pour la Chine, le sujet démographique est très sensible. Interrogé par Radio France Internationale, le sinologue et directeur de recherche émérite au CNRS, Jean-Philippe Béja, a expliqué que «le Parti communiste doit tout simplement avoir le monopole de l’information. Il ne supporte pas que d’autres, et de surcroît un média étranger, annoncent une baisse de la population».

Ce dernier a indiqué que «la Chine mène une course contre la montre pour devenir au moins la deuxième, si ce n’est la première puissance mondiale. Donc, l’enjeu est de se placer constamment en haut des classements. Alors, si la population commence à baisser, cela voudrait dire que l’Inde va peut-être bientôt dépasser la Chine. Cela n’est pas supportable aux yeux des dirigeants chinois». 

Cependant, «l’objectif de la Chine était d’arriver à un pic de sa population pour redescendre ensuite. Mais cela a évidemment un certain nombre de conséquences économiques et sociales. Le problème est notamment le vieillissement de la population. Or, ce que l’on a vu, et le Bureau National des Statistiques (BNS) ne l’a pas démenti, c’est qu’en 2020, le nombre des naissances n’a jamais été aussi bas depuis 1961. Rappelons-nous que le Japon était déjà riche quand il est devenu vieux. La Chine n’est pas encore véritablement riche, elle sera donc vieille avant d’être riche, et cela pose problème ».