Les droits de douane punitifs de 80% imposés par la Chine en 2020 sur l’orge australien « ont mis fin au commerce de l’orge de l’Australie avec la Chine » selon Canberra, qui a engagé une procédure contre la Chine devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

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La tension reste intense entre la Chine et l’Australie. Alors que les taxes chinoises sur l’orge ont eu un impact dévastateur sur les échanges avec la Chine, l’Australie engage une procédure auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Le ministre du Commerce, Dan Tehan, a précisé que Canberra demandera à l’OMC de mettre en place un comité de règlement des conflits, afin d’examiner ce différend commercial.

Il s’agit d’une étape préliminaire avant toute décision sur la question de la légalité de la hausse des droits de douane de la Chine sur l’orge.

Selon Dan Tehan, les droits de douane punitifs de 80% imposés par la Chine en 2020 sur l’orge australien « ont mis fin au commerce de l’orge de l’Australie avec la Chine ».

Les exportations de cette céréale, pour l’essentiel utilisée par la Chine pour la fabrication de la bière, ont pesé jusqu’à un milliard de dollars (820 millions d’euros).

Accusant l’orge australien d’être subventionné par le gouvernement, la Chine avait annoncé une taxe « anti-dumping » de 73,6%, et un droit « anti-subvention » de 6,9% sur les importations de cette céréale, et ce pour une durée de cinq ans.

Dan Tehan a affirmé que « l’Australie reste ouverte à de nouvelles discussions avec la Chine, afin de résoudre ce problème » alors même que Pékin a suspendu les discussions économiques avec Canberra.

Le conflit autour de l’orge fait partie d’un certain nombre de différends commerciaux entre la Chine et l’Australie, sur fond de tensions diplomatiques au plus bas. Outre l’orge, les tensions sont vives entre la Chine et l’Australie, et concernent plusieurs sujets, allant de la technologie 5G à des accusations d’espionnage, en passant par les origines du coronavirus.

Depuis 2020, la Chine a pris des mesures à l’encontre d’une dizaine de produits australiens, tels que le boeuf, le vin, le bois, les homards et la laine.  

De son côté, le ministère du commerce de la Chine a indiqué que le gouvernement «traitera correctement les différends concernant les droits antidumping et compensateurs sur l’orge importée d’Australie, conformément aux procédures de règlement des différends de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)».

«La Chine a toujours respecté les règles de l’OMC et a géré son commerce extérieur conformément à ces règles», a indiqué Gao Feng, porte-parole du ministère du Commerce, suite à la mise en place d’un groupe de travail de l’OMC pour résoudre ces différends.

Concernant la participation de la Nouvelle-Zélande dans cette affaire, Gao Feng a déclaré que la Chine respectait le droit du pays, en tant que membre de l’OMC, de participer aux audiences sur les différends concernés comme tierce partie.

La Chine a respectivement lancé des enquêtes antidumping et antisubvention sur l’orge importée d’Australie le 19 novembre et le 21 décembre 2018, après avoir reçu les demandes de l’industrie nationale.

Après un an et demi d’enquêtes, la Chine a décidé d’imposer des droits antidumping et compensateurs sur ces produits à partir du 19 mai 2020.