La police hongkongaise a arrêté ce 4 juin Chow Hang-tung, figure du mouvement pro-démocratie, en vertu de l’article 17A de l’ordonnance sur l’ordre public, en lien avec la loi sur la sécurité nationale.

Veillée à la bougie pour l’anniversaire des manifestations en 2009, à Hong Kong.

Des milliers de policiers ont été mobilisés pour dissuader les habitants de braver l’interdiction de participer à la veillée annuelle au cours de laquelle ils commémorent l’intervention sanglante, le 4 juin 1989, de l’armée chinoise contre le mouvement social et étudiant à Pékin.

Pour la deuxième année consécutive, elle a été interdite et les autorités ont rappelé que toute participation à un rassemblement non autorisé était passible de cinq ans de prison.

Le 4 juin, des policiers en civil se sont présentés devant l’immeuble de son bureau en centre-ville de la militante Chow Hang-tun, et ont déclaré procéder à son arrestation, a constaté une journaliste de l’Agence France Presse.

Cette avocate de 37 ans est l’une des vice-présidentes de l’Alliance Hong Kong, à l’origine de l’organisation chaque 4 juin de la traditionnelle veillée avec des bougies qui se tenait dans le parc Victoria, situé au centre d’Hong Kong.

Elle a été arrêté sur la base de l’article 17A de l’ordonnance sur l’ordre public fait partie de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, entrée en vigueur en juillet 2020.

La traditionnelle veillée du 4 juin a été annulé pour la deuxième année la police à Hong Kong. Les autorités de Hong Kong invoquent des restrictions liées à la pandémie de coronavirus même si la ville n’a enregistré aucun cas de contamination locale en plusieurs semaines.

Après cette interdiction, l’Alliance Hong Kong avait annoncé qu’elle n’organiserait pas la veillée. Chow Hang-tun avait cependant indiqué qu’elle prévoyait de se rendre à titre personnel au parc Victoria, lieu de recueil pacifique jusqu’à l’an dernier.

Pendant des décennies, Hong Kong et Macao ont été les seuls endroits de Chine où l’on commémorait l’anniversaire du « massacre » de la place Tiananmen à Pékin par l’armée chinoise.

Pour la première fois en 30 ans, en 2020, la veillée n’avait pas été approuvée par les autorités de Hong Kong, qui avaient avancé l’épidémie de Covid-19, dans un contexte de reprise en main de Hong Kong par le pouvoir central chinois.

Cette année, la police de Hong Kong a réitéré son refus d’autoriser tout rassemblement, avertissant qu’elle interviendrait contre toute tentative de commémoration.

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Au cours de l’année écoulée, le climat politique s’est considérablement détérioré à Hong Kong avec la pression mise par Beijing sur le mouvement pro-démocratie qui avait mobilisé massivement dans les rues en 2019 la population contre les ingérences de la Chine.

Les autorités de Hong Kong ont averti que tous ceux qui se rassembleraient pour commémorer Tian an’men pourraient tomber sous le coup de la loi sur la sécurité nationale, entrée en vigueur en juillet 2020.

L’an dernier, la police avait observé sans intervenir les milliers de personnes se rassembler pacifiquement pour la veillée – non autorisée – dans le Parc Victoria. Certains organisateurs ont depuis écopé étaient condamné à des peines de prison pour avoir organisé cette commémoration.