Le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, Zhang Jun, a mis en garde le 11 mai contre « les tentatives d’imposer davantage de sanctions à la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ».

Selon l’intervention de ce dernier, « le dialogue et la consultation constituent la seule voie pour résoudre la question de la péninsule coréenne. Les Etats-Unis sont une partie directe de la question et détiennent la clé pour sortir de l’impasse ».

Les américains « doivent prendre des actions concrètes pour répondre positivement aux préoccupations raisonnables de la RPDC et créer des conditions en faveur d’une reprise rapide du dialogue », a estimé le diplomate chinois.

RÉUNION A L’ONU

Ce dernier s’est exprimé lors de la réunion d’urgence publique du Conseil de sécurité de l’ONU demandé par les Etats-Unis sur la Corée du Nord. Cette réunion a eu lieu après les derniers tirs de missiles balistiques de Pyongyang.

Conseil de sécurité de l’ONU

En dépit de sévères sanctions internationales, la Corée du Nord tente depuis plusieurs mois de moderniser son armée, et a procédé pour cela à 15 tirs d’essai depuis janvier 2022. Sa dernière expérimentation avant la réunion du Conseil a été le tir du 5 mai d’un missile mer-sol balistique.

Le lendemain, Washington avait prévenu que Pyongyang «préparait le site d’essais de Punggye-ri et pourrait être prêt à y mener un test dès ce mois-ci, ce qui serait son septième essai» nucléaire.

En dépit de la main serrée avec l’ancien président américain, Donald Trump, les négociations visant à convaincre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un d’abandonner ses armes nucléaires et d’arrêter son programme d’armement balistique n’ont abouti à rien.

L’imposition en 2017 de plusieurs sanctions économiques internationales par l’ONU contre Pyongyang n’a pas modifié la stratégie du pays. En avril, les États-Unis ont présenté à leurs 14 partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution alourdissant encore les sanctions contre Pyongyang.

Le texte, obtenu par l’Agence France Presse, prévoit de réduire de 4 millions à 2 millions de barils la quantité de pétrole brut que la Corée du Nord serait autorisée à importer chaque année à des fins civiles, et imposerait des restrictions sur de nouvelles exportations nord-coréennes, notamment de combustibles minéraux et d’horloges. Une proposition rejettée par la Chine.

PÉKIN CONTRE DE NOUVELLES SANCTIONS

Bien que Washington affirme « être disposée à s’engager dans un dialogue inconditionnel, lorsqu’il s’agit d’actions, elle continue de durcir ses sanctions et d’exercer des pressions. Ce n’est clairement pas constructif », a souligné Zhang Juin, Le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies.

« Le nouveau projet de résolution proposé par les Etats-Unis, évoquant le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, est centré sur le renforcement des sanctions, ce qui n’est pas une manière appropriée pour faire face à la situation actuelle dans la péninsule », a indiqué ce dernier devan le Conseil de sécurité.

D’ailleurs, le Conseil de sécurité a adopté de nombreuses résolutions concernant la Corée du nord, ces dernières années. Parmi elles, des sanctions qui surtout montré la « nécessité d’une solution pacifique, politique et diplomatique au dossier nucléaire sur la péninsule coréenne. Tout cela mérite une attention égale », a-t-il noté.

« Les sanctions ne sont qu’un moyen pour parvenir à une fin et doivent toujours servir l’objectif global d’un règlement politique. Assimiler les sanctions aux efforts diplomatiques ou les y substituer, c’est complètement mettre la charrue avant les bœufs et ne permettra pas d’obtenir le résultat souhaité », a affirmé Zhang Jun.

« En dépit du fait que les sanctions ont déjà eu un impact humanitaire négatif et causé des dommages collatéraux dans d’autres pays, les nations concernées sont toujours dans le déni total, ce qui est en contradiction avec les conclusions de diverses agences humanitaires internationales et du groupe d’experts du Comité 1718 du Conseil de sécurité sur les sanctions contre la RPDC ».

CONFRONTATION A L’ONU

De son côté, le Japon a dit soutenir l’initiative portée par les États-Unis, regrettant que « le Conseil soit resté trop longtemps silencieux face aux agissements de Pyongyang » et a insisté sur « l’importance de mettre à jour le régime des sanctions contre la RPDC ».

Les japonais ont été appuyés par le Royaume-Uni et la France, celle-ci estimant qu’au vu de l’«escalade» que représentent l’essai d’un missile balistique mer-sol par la RPDC et la probabilité d’un essai nucléaire imminent, un allégement des sanctions «n’aurait pas de sens».

La Fédération de Russie a fait valoir que depuis quatre ans, le Conseil n’a pas su prendre la mesure du démantèlement par les nord-coréens de leur site d’essais nucléaires et du respect par Pyongyang du moratoire sur les essais nucléaires et le lancement de missiles balistiques intercontinentaux.

Au contraire, le Conseil n’a fait que renforcer ses restrictions, «ignorant les signaux positifs adressés par la RPDC», a indiqué la délégation russe à l’ONU, avant de s’opposer à un nouveau renforcement des sanctions contre ce pays. Selon elle, il serait totalement vain d’attendre de Pyongyang un désarmement inconditionnel sous la menace d’une «cascade de sanctions» et d’une «garantie de promesses» non fondées.

D’ailleurs, Russes et Chinois ont tous deux rappelé que leur projet d’accord politico-humanitaire sur la RPDC reste sur la table du Conseil de sécurité, l’absence de progrès sur le volet politique menace d’aggraver encore les tensions sur la Péninsule, selon les deux délégations.

Plus conciliant, le Ghana a appelé à la reprise d’un dialogue constructif et crédible entre les «parties concernées» et la Corée du nord, afin de trouver une solution durable et pacifique aux problèmes de la péninsule coréenne. Pour cela, il importe de prendre en considération les préoccupations sécuritaires régionales et mondiales des parties, a-t-il soutenu, rejoint par le Kenya et le Mexique.