La Chine entreprend de plus en plus d’investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprises (ESG), a déclaré le président de Moody’s, Henry McKinnell. D’après ce dernier, l’agence de notation Moody’s s’intéresse de plus en plus à l’espace de fintech dans le pays.

« Il y a eu un changement significatif dans la réflexion sur le sujet de la durabilité », a déclaré Henry McKinnell, dans une récente interview à l’agence de presse Xinhua en marge d’une réunion virtuelle extraordinaire Horasis.

« Le gouvernement publie de nouvelles directives et mesures par l’intermédiaire de la Banque populaire de Chine, ainsi que d’autres ministères et organismes de réglementation, car les investisseurs recherchent des informations pour les aider à gérer les risques », a-t-il indiqué.

« Les investisseurs sont de plus en plus préoccupés par la durabilité […] Nous avons récemment investi dans une société, SynTao Green Finance, qui fournit des données, des analyses de données et des informations permettant aux investisseurs de prendre des décisions éclairées pour assurer la durabilité de leurs investissements », a-t-il expliqué à l’agence de presse.

SynTao Green Finance est l’un des principaux fournisseurs de données et d’analyses ESG basé à Beijing. Il fournit des données et des notations ESG, et propose une vérification des obligations vertes et des solutions de finance verte aux institutions financières et aux entreprises en Chine.

Les investissements ESG s’accélèrent lentement en Chine alors que le pays s’efforce d’ouvrir ses marchés financiers et vise à attirer davantage d’investisseurs nationaux et étrangers dans le secteur de l’ESG.

En Chine, Moody’s est représentée par une coentreprise, China Cheng Xin International (CCXI) Credit Rating, qui a été constituée en 1999 et est la principale agence de notation de crédit dans le pays.

« En Chine, il existe une très forte demande pour ces services (ESG) à travers notre coentreprise avec CCXI, qui fournit des analyses de crédit sur 1.800 entreprises locales ou plus, ainsi que via Moody’s elle-même, qui propose des services intégrés d’évaluation des risques aux acteurs du marché chinois et dans le monde entier, afin qu’ils puissent prendre de meilleures décisions », a indiqué Henry McKinnell.

Cependant, dans un article intitulé «ESG in the COVID-19 recovery», la compagnie Morningstar a développé un modèle unique «ESG à un prix raisonnable» (ESGarp) pour identifier l’attrait des prix de divers marchés mondiaux en termes de scores ESG et de ratios de valorisation (P/E ou cours sur bénéfice par action).

L’étude révèle que «les actions chinoises se distinguent par une combinaison relativement peu attrayante de niveaux de risque ESG élevés et de ratios P /E élevés». D’ailleurs, selon le rapport Intégration ESG en Chine en 2019 du CFA Institute, sur plus de 3.000 sociétés chinoises cotées, moins de la moitié divulguent des facteurs ESG.

Ainsi, la Bourse de Shanghai et la Bourse de Shenzhen, se classent respectivement 41ème et 44ème sur 47 Bourses mondiales, dans le classement des performances de divulgation en matière de développement durable 2019 par Corporate Knights.

En août, MSCI, un fournisseur mondial d’outils et de services de marché et d’investissement, a publié deux indices de changement climatique qui permettent aux investisseurs chinois de se tourner davantage vers les entreprises à faibles émissions de carbone.

Pour la compagnie de gestion d’actifs Morningstar, les choses pourraient évoluer, comme l’a estimé Moody’s. En effet, avec la prise de conscience croissante de l’ESG en Chine et l’ouverture du marché des capitaux chinois aux investisseurs internationaux, la compagnie s’attend à ce que les entreprises chinoises subissent une pression accrue pour améliorer leur gestion des risques ESG dans les années à venir.