Le Sommet du G20 s’est ouvert le 28 juin à Osaka, au Japon, sur fond de tensions entre le Canada et la Chine. Si le premier ministre Justin Trudeau a eu de «brefs échanges constructifs» avec Xi Jinping, il a surtout cherché l’appui des dirigeants européens concernant la question des deux Canadiens détenus en Chine.

Le Canada a reçu un «large soutien» de plusieurs pays vis-à-vis de la détention de Michael Kovrig et Michael Spavor, a indiqué le cabinet du premier ministre. Ce dernier a rencontré des dirigeants européens le 28 juin au matin.

Plusieurs pays ont d’ailleurs abordé la question avec le président chinois, d’après la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. « Il y a beaucoup de pays dans le monde qui partagent notre opinion [selon laquelle] les détentions arbitraires ne sont pas une bonne voie pour les relations entre les pays », a indiqué Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères.

Assis côte à côte lors du dîner du G20, Justin Trudeau et Xi Jinping n’ont pas cherché à établir de contact visuel. Le malaise est palpable d’après les images diffusées dans les médias.

Les deux hommes ont toutefois eu de brefs échanges lors du Sommet, dont une poignée de main.Pour le bureau du premier ministre, ces échanges sont «constructifs», même si aucune rencontre formelle n’a été prévue entre eux.

«Le Canada est disposé à tenir des discussions diplomatiques avec la Chine depuis un bon moment et reste très ouvert» à en avoir pendant le Sommet, selon Chrystia Freeland. Les autorités chinoises ont toutefois indiqué ne pas désirer s’entretenir avec les représentants du gouvernement canadien, y compris Justin Trudeau et Chrystia Freeland.

Cette position contraste avec l’optimisme affiché par l’ambassadeur chinois sortant à Ottawa, Lu Shaye, qui a qualifié la mésentente entre le Canada et la Chine de «temporaire».

« D’immenses montagnes ne peuvent pas empêcher la rivière de se rendre à l’océan », a déclaré Lu Shaye, devant près de 400 personnes issues de la communauté chinoise lors d’une allocution quelques jours avant le sommet du G20.

« L’amitié sino-canadienne a une histoire profonde, une histoire qui ne peut s’arrêter », a-t-il ajouté. Depuis plusieurs mois, le gouvernement canadien sollicite des appuis sur la scène internationale pour dénoncer de son côté la détention de Michael Kovrig et Michael Spavor en Chine. Mais, depuis, la Chine a considérablement restreint ses importations de canola, et suspendu ses importations de viande canadienne.

Le gouvernement s’appuie entre autres sur le président américain Donald Trump, qui a promis la semaine dernière de soulever la question des deux détenus canadiens avec le président chinois pour faire avancer les discussions.