La Chine exhorte le Canada à libérer immédiatement Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, et de la laisser rentrer en Chine en toute sécurité, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« Nous exhortons, une fois de plus, le Canada à prendre au sérieux la position solennelle et les préoccupations de la Chine, à libérer immédiatement Meng Wanzhou et à la laisser rentrer en Chine en toute sécurité », a souligné le porte-parole Zhao Lijian.

Ce dernier a réagit à l’annonce d’une audience le 17 août sur l’affaire Meng Wanzhou, la Cour suprême de Colombie-Britannique, afin de discuter de la divulgation des preuves et des informations.

« La position de la Chine sur l’affaire Meng Wanzhou est cohérente et claire », Zhao Lijian

Zhao Lijian, porte parole MAE

« Les preuves qui ont été rendues publiques révèlent clairement que les Etats-Unis et le Canada ont abusé de leur traité bilatéral d’extradition et ont arbitrairement pris des mesures obligatoires contre un citoyen chinois, ce qui viole gravement ses droits et intérêts légitimes », a-t-il ajouté.

Selon lui, l’intention des Etats-Unis est d’opprimer Huawei et d’autres entreprises chinoises de haute technologie, et le Canada est son complice. « Il s’agit d’un incident politique grave. Ce n’est pas seulement le point de vue de la Chine, mais aussi une conclusion partagée par le reste de la communauté internationale, y compris des personnes perspicaces aux Etats-Unis et au Canada », a expliqué le porte-parole de la Chine.

La Chine « est fermement déterminée à sauvegarder les droits et intérêts légitimes de ses citoyens et entreprises, et à soutenir les entreprises et individus chinois dans la préservation de leurs droits et intérêts par des moyens légaux », a déclaré Zhao Lijian lors d’un point presse.

Les avocats de Meng Wanzhou exigent des documents secrets

Meng Wanzhou, directrice financière chez le géant chinois Huawei

Les avocats de la directrice financière de Huawei, arrêtée au Canada fin 2018 à la demande des Etats-Unis, ont exigé la publication de documents des services secrets prouvant d’après eux que ses droits ont été violés lors de son arrestation.

Arrêtée le 1er décembre 2018, durant une escale à l’aéroport de Vancouver, à la demande de la justice américaine, Meng Wanzhou est accusée d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran.

Ses avocats ont réaffirmé, lors de l’audience au tribunal de Vancouver, l’existence d’un complot entre le FBI et les autorités canadiennes. Selon la défense, les autorités canadiennes ont délibérément retardé de plusieurs heures l’arrestation de Meng Wanzhou, lors de son escale à Vancouver, le temps de réunir des preuves pour le FBI.

Les avocats estiment que les droits de Meng Wanzhou avaient été violés, après qu’elle a été interrogée pendant trois heures par les agents des douanes canadiennes sans savoir ce qui lui était reproché avant d’être officiellement arrêtée.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) avait relevé les numéros de série de ses appareils électroniques, avant de les transmettre au FBI selon les avocats. La GRC nie tout abus de procédure dans l’arrestation de Meng Wanzhou.

Crise diplomatique entre la Chine et le Canada

Les 400 documents judiciaires requis concernent les échanges entre les autorités canadiennes et américaines avant l’arrestation. Le ministère canadien de la Justice s’oppose à leur publication, prétextant des risques pour la sécurité nationale.

La justice avait ordonné au Service canadien du renseignement de sécurité de mettre ces éléments à disposition de la défense de Meng Wanzhou, mais ils avaient été pour la plupart noircis. Ils réclament désormais la version non-censurée de ces documents.

Meng Wanzhou est en liberté surveillée à Vancouver pendant la procédure d’extradition, dont la première phase doit durer jusqu’en avril 2021. Cette arrestation a déclenché une crise diplomatique sans précédent entre la Chine et le Canada.

Le 10 décembre, l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor avaient été arrêtés en Chine, avant d’être inculpés d’espionnage mi-juin. Leur détention est considérée par certains pays occidentaux comme une mesure de représailles.