Le marché du carbone de la Chine a pour but de réduire les émissions polluantes en les rendant plus coûteuses pour les entreprises.

La Chine a lancé le 1er février son marché du carbone, qui devrait être le plus important de la planète, alors que le premier pollueur mondial a promis de parvenir à la neutralité carbone en 2060.

Ce marché chinois d’échanges de quotas d’émissions est entré en vigueur le 1er février selon l’agence de presse Xinhua. De plus, pour la première fois, les autorités provinciales sont autorisées à fixer des quotas pour les centrales thermiques. Les entreprises énergétiques peuvent également s’échanger des droits de polluer.

L’objectif de ce programme qui devait être initialement lancé en 2017, est de faire baisser les émissions polluantes en les rendant plus coûteuses pour les entreprises responsables.

Vaec une économique chinoise aussi forte, le marché devrait détrôner celui mis en place en 2005 dans l’Union européenne pour devenir au niveau mondial le premier système d’échanges de quotas d’émissions (ou ETS selon les initiales tirées de l’anglais).

Selon les nouvelles règles, les quelque 2.000 centrales qui émettent plus de 26.000 tonnes de gaz à effet de serre par an sont concernées. Une fois installé, le nouveau marché devrait couvrir le tiers des émissions de gaz carbonique en Chine, d’après le Partenariat international d’action sur le carbone.

Actuellement, la Chine reste encore trés dépendante du charbon, une des énergies les plus polluantes, avec des centrales chinoises fonctionnant à 60% au charbon. Les experts s’attendent à ce que centrales fassent pression pour des quotas confortable, donc un prix du carbone avantageux.

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En 2019, la Chine a émis près de 14 milliards de tonnes de CO2, soit 29% du total mondial. «La Chine poursuit des objectifs ambitieux en matière d’énergie propre» mais «le marché du carbone dans sa forme actuelle ne va pas jouer un rôle majeur dans la concrétisation de ces ambitions», a indiqué auprès de l’AFP Lauri Myllyvirta, du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA), basé à Helsinki.

«Cela pourrait devenir un outil important dans le futur, et très vite, si le gouvernement décide de lui donner vraiment du corps», a ajouté cette dernière. D’autant que les amendes prévues pour les entreprises qui dépassent les quotas d’émissions sont «trop basses pour être dissuasives», a estimé Zhang Jianyu, vice-président pour la Chine de l’association écologiste américaine Environmental Defense Fund.

Selon Li Shuo, expert énergie de Greenpeace China, la production de charbon est en train de revenir aux niveaux observés entre 2012 et 2014 où les émissions ont connu un pic. En effet, la Chine a lancé de nouveaux projets de centrales au charbon.