La Chine est déjà le principal producteur et consommateur mondial de charbon. Après deux mois de quarantaine entraînant l’arrêt économique du pays, les autorités ont donné des autorisations pour de nouvelles centrales, afin de relancer l’économie du pays.

Depuis le 1er janvier 2020, des projets de nouvelles centrales ont obtenu une autorisation représentent une capacité de production de 17 GW, plus que celles de 2018 et 2019 réunies.

Des mesures budgétaires et monétaires ciblées à destination des entreprises ont été prises, afin de les aider à lutter contre les effets négatifs du coronavirus. Face au choc économique engendré par le Covid-19, la Chine semble miser sur l’énergie fossile, malgré les engagements pris pour contrer le réchauffement climatique.

Depuis quelques mois, les demandes pour de nouvelles centrales prolifèrent à un rythme alarmant, montrent les données du Global Energy Monitor et du Centre for Research on Energy and Clean Air. Ces nouvelles infrastructures ne sont encore qu’à l’état de projet, car elles sont soumises à l’aval des autorités. De plus, elles représenteraient une capacité de production de quelque 40 gigawatts (GW), un volume équivalent à la production totale de l’Afrique du Sud.

Depuis le 1er janvier 2020, les projets de nouvelles centrales ayant obtenu une autorisation représentent une capacité de production de 17 GW. Soit plus que celles de 2018 et 2019 réunies (12 GW). La Chine, premier producteur et consommateur mondial de charbon, possède la moitié de la capacité mondiale des centrales avec 1.000 GW, loin devant les Etats-Unis (259 GW) et l’Inde (221 GW).

D’après les chercheurs du Global Energy Report, « la résurgence de projets de centrales à charbon est le fruit d’une relance malavisée, pas d’un besoin accru d’énergie dérivée du charbon ».

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Pour les autorités, ces projets permettront de relancer une économie atone, qui a connu au premier trimestre sa première contraction depuis 40 ans (-6,8 % sur un an). Le gouvernement central refuse de prendre des mesures « bazooka » pour relancer la consommation et la production, comme l’attendent les pays occidentaux.

Le gouvernement ne tient pas à remettre en place un vaste plan de relance, de plusieurs milliards de yuans, comme ce fut le cas en 2009. Les conséquences de ce plan de relance n’avaient pas été aussi efficaces que prévu. D’ailleurs cette année, la dynamique semble d’ailleurs se jouer au niveau des provinces, loin de Beijing.

« En juin, six ministres […] ont déclaré que les centrales ne devraient être construites qu’en fonction des besoins, avec la priorité donnée aux énergies propres. Ces prises de position montrent que le gouvernement central a pris note du boom récent et veut le freiner », a écrit le Global Energy Report.

La décision des autorités de miser sur les centrales à charbon intervient alors que la Chine enregistre des « progrès impressionnants » des niveaux de certains polluants dans l’atmosphère, selon une étude du Centre for Research on Energy and Clean Air. La Chine est engagée depuis 2013 dans une guerre contre la pollution mais maintient certains secteurs à énergie fossile, entre nécessite de fournir de l’électricité à sa population et enjeux environnementaux.

Cependant, une directive publiée par l’Administration nationale de l’énergie a annoncé le plafonnement de la consommation annuelle d’énergie de la Chine à 5 milliards de tonnes équivalent charbon cette année. La Chine a envisagé de réduire la proportion de charbon dans son mix énergétique à environ 57,5% en 2020. La proportion était de 57,7% en 2019 et de 59,2% en 2018.