Une semaine après le lundi noir qui a affolé les bourses occidentales, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a assuré que son pays restait en tête de la croissance économique mondiale : « l’économie chinoise évolue dans une fourchette adéquate et la Chine reste en tête de la croissance mondiale« .

Li KeqiangLe Premier ministre a indiqué que les récentes fluctuations sur le marché international ont eu un impact sur la Chine, mais l’économie chinoise reste active à un niveau jugé « approprié », par Li Keqiang (photo). Pour lui, « la Chine continue à mener le monde en terme de croissance ».

D’ailleurs « la bourse chinoise ne reflète en rien l’état de l’économie réelle du pays« , comme l’a expliqué à Challenges, Jean-François Dufour, directeur de DCA Chine-Analyse.

Ce dernier a évoqué deux arguments attestant de l’impact limité du choc boursier sur l’économie chinoise. D’une part, la bourse chinoise « ne joue pas un rôle fondamental dans le financement des grandes entreprises, qui reste essentiellement le fait des banques (publiques) chinoises« . Elle « est là essentiellement pour peaufiner l’image internationale de ces grandes entreprises chinoises, et convaincre leurs partenaires étrangers qu’elles sont bien des acteurs de marché et non plus des conglomérats d’État ».

Et d’autre part, « grandes ou moins grandes, les entreprises cotées à la bourse chinoise ont vu leur introduction autorisée par une commission qui relève directement du gouvernement, dans un système officiel d’économie de marché socialiste« , ce qui laisse penser que « les perspectives de ces entreprises dépendent non tant du marché, que de la faveur des autorités, sanctionnée par leur entrée à la Bourse ».

Lors d’une réunion gouvernementale consacrée aux conséquences sur la Chine de la conjoncture économique et financière internationale, Li Keqiang a indiqué que « dans le contexte de situations complexes et changeantes à l’étranger et de problèmes profondément enracinés chez nous, nous avons progressé tout en assurant la stabilité par des efforts soutenus en faveur de réformes structurelles et des mesures de macro-régulations ciblées ». 

Ces mesures « ont, entre autres, inclus des coupes dans les ratios de réserves requis (dans les banques, ndlr), les taux d’intérêt, les impôts et des mesures destinées à stabiliser le marché, qui se révèlent déjà payantes« .

Li Keqiang a assuré que « maintenant que les moteurs traditionnels de la croissance ne sont plus si forts, il est important de prendre de nouvelles mesures pour soutenir les réformes et s’ouvrir. Il est nécessaire de fournir plus de biens et de services publics et d’encourager l’entrepreneuriat et l’innovation de masse pour stimuler la croissance ».

La Chine a enregistré une croissance de 7,4% en 2014, il s’agit là du taux le plus bas en 25 ans. Face au ralentissement de son économie, Beijing s’est fixé pour 2015 un objectif de 7%, avec l’intention de lancer une série de nouvelles mesures de réforme et de développement, afin de « donner un nouvel élan au développement économique et de stabiliser les attentes du marché« , a indiqué Li Keqiang.