La Chine compte négocier « à son rythme » l’accord sur la protection mutuelle des investissements avec l’Union européenne, a annoncé Beijing, écartant la perspective d’un compromis avant la fin de l’année.

Le président Xi Jinping à Bruxelles

La Chine avait relancé l’espoir d’un accord la semaine dernière en annonçant que les discussions engagées avec Bruxelles en 2013 étaient « dans la dernière ligne droite ». La Chine et l’UE souhaitaient conclure l’accord avant la fin 2020.

La perspective d’un rapprochement Chine-UE a été critiquée ces derniers jours, notamment par la France et par la future administration américaine. Dans un communiqué publié le 24 décembre, le ministère chinois du Commerce n’a pas mentionné de date butoir du 31 décembre, laissant paraitre une prolongation des discussions.

« A la condition de préserver ses intérêts en matière de sécurité et de développement, la Chine mènera les négociations à son rythme et s’efforcera de parvenir à un accord sur l’investissement exhaustif, équilibré et ambitieux avec l’UE », a averti la Chine.

« Aboutir à un accord suppose que les deux parties travaillent de concert et fassent chacune un pas vers l’autre », selon le communiqué. Dans un entretien accordé le 23 décembre au journal français Le Monde, le ministre délégué français au Commerce extérieur, Franck Riester, avait lié l’Accord de Paris à la ratification par la Chine de toutes les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment celle sur l’interdiction du travail forcé.

Ce dernier avait fait le lien avec la situation des Ouïghours, ethnie musulmane du nord-ouest de la Chine, le Xinjiang, dont certains membres sont soumis au travail forcé, selon des organisations de défense des droits de l’Homme. La Chine rejette cette accusation.

D’autres personnalités critiquent l’accord en négociation estimant qu’en se rapprochant de Bruxelles, la Chine tente d’éloigner l’UE des Etats-Unis, à quelques semaines de l’arrivée au pouvoir du président Joe Biden, qui souhaite ressouder le camp occidental.

D’ailleurs, son futur conseiller à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, a plaidé le 22 décembre sur Twitter pour des

Les discussions Chine-UE, lancées fin 2013, devrait permettre aux entreprises européennes d’être traitées de la même manière en Chine que les entreprises chinoises dans l’Union. Le traité doit garantir le respect de la propriété intellectuelle des entreprises européennes, interdire les transferts de technologie forcés et imposer des règles transparence aux subventions versées aux entreprises publiques chinoises.