×

La Chine va répondre aux préoccupations américaines sur les terres rares, dit Washington

La Chine va répondre aux préoccupations américaines sur les terres rares, dit Washington

« La Chine va répondre aux préoccupations des Etats-Unis à propos des pénuries ‌de certaines terres rares dues aux restrictions imposées par Pékin sur les exportations en la matière », a déclaré la Maison blanche dans un document présentant ​des mesures convenues lors du sommet entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping la semaine dernière.

Selon le gouvernement américaine, la Chine a mis en place des mesures de contrôle sur les terres rares en représailles aux droits de douane dits « réciproques » imposés par Donald Trump en avril 2025 lors du Liberation Day (« Jour de la ​Libération »).

Lire aussiCompte rendu américain de la réunion bilatérale entre le président Trump et le président chinois Xi Jinping

Ces mesures visent à restreindre fortement les exportations de certaines terres rares, malgré un accord conclu lors du sommet de Busan, en Corée du Sud, en octobre 2025, au cours duquel la Chine ​s’était engagée à « supprimer de manière effective » tous les contrôles à l’exportation de minéraux ⁠critiques, selon la Maison blanche.

Six mois après cet accord, le communiqué de la Maison Blanche semble prend acte, au moins tacitement, que le contrôle des exportations de la Chine devrait persister. De plus, Washington ne précise pas si l’accord d’une année concernant un ensemble plus large de restrictions chinoises sur les terres rares, qui doit prendre fin en novembre, sera prorogé.

Le ​document américain, qui résume les principaux points à ‌retenir du sommet de Pékin, indique que la Chine répondra aux préoccupations des États-Unis concernant les pénuries de ⁠minéraux critiques et de terres rares, notamment l’yttrium, le scandium et l’indium. Le texte mentionne aussi que Pékin répondra aux inquiétudes sur les restrictions à l’exportation de technologies de traitement des terres rares, dont la Chine jouit d’un quasi-monopole.

Contrairement à la Maison blanche, le ministère chinois du Commerce n’a fait aucune mention des ⁠terres rares dans le communiqué ‌distinct qu’il a publié pour rendre compte des discussions sino-américaines.

« Cette divergence n’est pas idéale, mais ce n’est grave », a ⁠déclaré Cory Combs, directeur adjoint du cabinet d’études macroéconomiques Trivium China. « Le plus important est que les deux parties aient clairement et de manière crédible manifesté ‌leur intérêt pour la stabilité et qu’elles soient en mesure de faire passer efficacement ce message à leurs propres opinions publiques. »

Les mineraies, secteurs sensibles

Le gouvernement chinois a autorisé les licences d’exportation de terres rares dans l’automobile et l’électronique grand public mais les secteurs où les terres rares ‌ont des applications potentiellement militaires, ils continuent de souffrir de pénuries.

L’agence de presse Reuters a révélé en février que les pénuries persistantes d’yttrium (composant d’un revêtement thermo-protecteur dans les ​moteurs d’avion) et de scandium utilisé dans la fabrication de puces, ont gravement ‌affecté le secteur manufacturier américain. Les entreprises du secteur ont fait pression sur l’administration américaine pour qu’elle intervienne auprès de Pékin.

L’indium est l’un des minéraux critiques mentionnés pour la première fois ​par la Maison blanche. Celui-ci joue un rôle clé dans la chaîne d’approvisionnement en amont et en aval des semi-conducteurs et est inscrit sur la liste des produits soumis au contrôle des exportations chinoises depuis février 2025.

Son composé, le phosphure d’indium, est essentiel à la fabrication de puces photoniques de ⁠nouvelle génération, ainsi que de lasers optiques à haute vitesse utilisés dans les réseaux de fibre optique et 6G. Un autre composé, l’oxyde d’indium-étain, est utilisé pour fabriquer des écrans LED dans l’électronique grand public.

Les exportations chinoises d’indium ont chuté de manière spectaculaire au cours des 14 mois écoulés depuis février 2025 par rapport à la même période en 2024, selon les données douanières. Les expéditions ont diminué d’environ deux tiers à l’échelle mondiale et de 77% vers les États-Unis.